EXTRAIT DU TESTAIENT DU COMTE RŒDERER
... Je veux que mes deux fils, Pierre-Louis et Antoine- Marie, héritent, par préciput et hors part, de tous mes manuscrits, ainsi que de tous mes papiers de famille, au nombre desquels est une caisse contenant des papiers de mon père. Mes manuscrits comprennent toutes les notes qui se rapportent à Thistoire de ma vie et divers ouvrages ébauchés, notes sur divers sujets de morale, de politique, d'économie publique ou de littérature; en un mot, tous mes manuscrits, ainsi que les titres et les brevets qui m'ont été donnés, et, de plus, toutes les pièces, actes y mémoires, résidus, relatifs à mes diverses fonctions, missions, à quelque titre et sous quelque qualité que ce soit. Tous lesdits papiers seront remis, à ma mort, à mon fils puîné, Antoine, qui pourra les conserver l'espace de deux ans, durant lesquels il les mettra dans un ordre plus suivi que je n'ai pu le faire , en dressera un état détaillé et en fera faire la copie aux frais de la succession (1).
Cette copie lui demeurera, et, après le terme de deux ans au plus, les papiers originaux seront remis à mon fils aine, qui en conservera le dépôt.
Je laisse à mes deux fils à décider de concert ceux de mes ouvrages qu'il pourrait être bon de publier et de réimprimer; je désire qu'il n'y soit fait aucun changement qui puisse être regardé comme un sacrifice à dés opinions dominantes , n'en ayant jamais exprimé , même dans le secret de mon cabinet, que je n'aie sincèrement crue saine, et ayant réformé à la suite celles que l'expérience m'a fait regarder comme erronées.
Par le même motif qui a détecminé la disposition qui précède, je veux que la propriété des ouvrages que j'ai publiés, et de ceux queje pourrai publier avant ma mort, appartienne aussi, hors part et par préciput, à mesdits deux fils , qui, élevés dans mes principes, et bien instruits de mes opinions et sentiments, sont intéressés plus particulièrement que personne à les préserver de toute altération, s'il est vrai que mes écrits aient attaché quelque considération au nom qu'ils portent.
Telle est ma volonté dernière.
RoEDEaSB.
Au Bois-Roussel, 1*^ mai 1826.
(1) {Note de Véditeur.) Mon frère étant décédé avant mon père, la propriété dv» ces papiers m'était dévolue. Je les remets à mon neveu, Pierre -Louis RoBderer, fils afné de mon frère.