‹ Œuvres du comte P. L. Rœderer (volume 2)Chapitre 8 sur 110 · RÉFUTATION D'UN OUVRAGE · texte numérisé non relu

RÉFUTATION D'UN OUVRAGE

juger, la chose par laquelle je juge ; le judicat peint \h chose jugée y resjudicata.

La proposition renferme d'ordinaire, outre ces trois partier. nécessaires , une partie intégrante, qu'on nomme complément. Par complément, dit l'auteur, j'entends un ou plusieurs mots qui servent à Tachèvement d'un judicande, d'un judicat, ou même d'un romplément incomplet {psi{^e 47). Ainsi ilya \ecomplé' ment complet et \e complément incomplet.

Le judicande est toujours un substantif; le judicateur rejette tout complément, excepté la négation. (S'il admet la négation, pourquoi pas la modification?)

Il y a deux sortes de compléments, le complément prochain et le complément éloigné.

Le complément prochain est direct ou indirect.

Il y a aussi le complément légitime et le complément illégitime ( page 43 ).

Il y a des propositions d'une seule parole ; elles se nomment implicites.

il y en a de trois termes, elles sont explicites.

Il y en a, enfin, de primordiales,

De complétives prochaines,

Et de complétives éloignées.

On trouve de tout cela, selon Domergue, et quelquefois tout cela réuni dans une phrase.

Pour mettre le lecteur à portée d'embrasser d'un seul coup d'oeil toutes ces circonstances, nous allons lui présenter un petit nombre de phrases qui les rassemblent. Si les choses sont bien nommées par Domergue, elles doivent appeler les noms qu'il leur donne, et chaque nom doit s'y appliquer si juste, qu'il soit impossible de les méconnaître et de les confondre.

Proposition : La rose est brillante. La rose, chose à juger, res judicanda, judicande; est^ moyen de juger, la chose par laquelle je juge, judicateur ; brillante peint la chose jugée, res judicata : c'est \e judicat.

Je préfère une honorable pauvreté à une richesse honteuse.

Je suis préférant : judicande, judicateur et judicat; une honorable pauvreté, complément prochain direct; à une richesse coupable, complément prochain indirect.

Nota. Le prochain direct est celui vers lequel l'expression se dirige nécessairement, mais sans le secours d'un autre mot. L'indi-

rect, c'est celui vers lequel l'expression se dirige nécessairement, mais à l'aide d'un mot intermédiaire quilui fait prendreunevoieoblique; tels sont les mots : à, de, pour, avec (page 20) .

L'Angleterre, usurpatrice des mers, perdra sa puissance par t excès de srm ambition.

Usurpatrice des mers, complément éloigné direct ; par l'excès de son ambition, complément éloigné indirect.

Il s'en va II va, il est allant : judicande, judicateur, judicat; en, de cet endroit, cornplénent prochain indirect de iV va; se {s'en), complément illégitime de va ; idiotisme. // pleut, fly judicande illégitime.

Les têtes que vous avez vues tomber étaient précieuses. Les têtes étaient précieuses : proposition primordiale.

On sait que la vertu triomphe à la fin de l'envie. On sait que , on est sachant ceci, judicande, judicateur, judicat, complément prochain direct, proposition primordiale. La proposition primordiale est la première dans l'ordre grammatical dans renonciation analytique de la pensée (page 67).

La vertu triomphe à la fin de l'envie; la vertu est triomphante à la fin de l'envie, proposition complétive prochaine.

Le sort, qui toujours change, ne nous a pas promis un bonheur sans métnnge. Qui toujours change, est une proposition qu'on peut détacher de la phrase sans nuire au sens grammatical. C'est une proposition complé/ire éloignée.

J'en suis fâché, proposition explicite. Hélas, ah ah, ô, hé, oh, ouf, ti, propositions implicites qui renferment en elles, par leur propre vertu, le judicande, le judicateur et le judicat, sans qu'aucune de ces parties soit exprimée (page 68).

Tel est le système Domergue.

Je m'engage à prouver qu'il n'y a pas une seule notion de juste dans tout ce système ; qu'il ne renferme rien de neuf, qu'il se réduit à être un commentaire vicieux des idées de Dumarsais et de Condillac, et que la nomenclature qu'il présente ne renferme pas un mot qui ne soit ou vague, ou impertinent, ou absurde, ou faux et trompeur, et en outie barbare.

Ck)mmençons notre examen.

D'abord il y a défaut de vérité et défaut de

Page 1