LE ROI, LE MARÉCHAL DE RETZ
LE ROI. — Dites à la reine ma mère que je la recevrai après Taudience que MM. d'Aumale et de Guise m'ont demandée. Ils viendront dans une demi-heure.
(Le maréchal de Retz sort.)
et que la reine vit que œt accident (la blessure de l'amiral) avoit mis les affaires en tels termes que, si Ton ne prévenoit leurs desseins, la nuit même ils attenteroient contre le roi et elle, elle prit la résolution de faire entendre au roi le danger où il étoit par M. le maréchal de Rais, de qui elle savoit qu'il le prendroit mieux que de tout autre, comme de celui qui lui étoit plus confident et plus favorise de lui. « Mémoires de Marguerite, sous l'année 1579.
LE ROI, CORNATON, UN GENTILH(MiME UE LA CHAMBRE.
LB GiirriLHOMif B DB LA CHAMBBE. — Sire, le sieur de Comaton demande à parler à Voire Majesté de la part de M. l'amiral.
LB BOi. — Faites entrer.
coBNATOif. — Sire...
LB BOi . — Dites-moi d'abord des nouvelles de M. Famiral.^
coBNAToei. — Grâce au ciel, sire, les douleurs sont calmées; il n'a point de fièvre, ses médecins nous donnent de bonnes espérances. La visite dont Votre Majesté Pa honoré lui a rendu des forces et de la sérénité.
LBBOi. — N'est-ce pas vous qui étiez à la porte de sa chambre pendant ma visite, et à qui j'ai demandé, en sortant, à voir la balle qui l'a blessé?
coBNATO?! . — Oui, sire, et à qui vous eûtes la bonté de demander si M. l'anîiral avait beaucoup souffert quand Paré lui hacha le dcMgt avec de mauvais ciseaux (*).
LB BOL— En vérité,moncœursaigne et frémit encore à cette pensée. Quel courage l'amiral a montré! Je vous le répète, je n'ai jamais vu plus beau courage, ni homme plus magnamnie et plus constant que l'amiral... Que désire-i4l
de moin?
coBRATON. — Sire, M. l'amiral m'a chargé de supplier Votre Majesté et monseigneur le duc d'Anjou de vouloir bien me donner quelques troupes pour garder sa maison. Des avis qui paraissent très-sûrs annoncent que soixante mille Parisiens commencent à se mutiner et à prendre les armes f**).
LB BOi. — La maison de Guise fait cela pour enflammer et exciter le peuple ; mais tous ses efTorts ne tourneront qu'à sa confusion. Rassurez l'amiral , et cependant je donnerai trèsvolontiers les gardes qu'il désire (****). Voilà le duc d'Anjou qui, dans l'instant même, enverra des troupes au logis de l'amiral.
(*) Ménu^es de VesUU de la France, folio 97 verK>. n DeThou,XV.
(***) Idem, XVU.
(••••) idem,. XVII.