‹ Œuvres du comte P. L. Rœderer (volume 3)Chapitre 169 sur 478 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

DEUX GENTILSHOMMES DE la chambre.

UN GENTILHOMME, softont de V appartement du roi. — Huissiers, ouvrez pour la sortie du conseil.

UN AUTBE GENTILHOMME. — Quî aUTSÛt CrU

que le conseil finit sitôt aujourd'hui f **)?

(*} Disocmn de Henri III, XVI. L^expression de la reine fat : le dépêcher, (••) Idem, XVI.

(•**) Pierre Mathieu rapporte que • le roy assembla

LB PR^MIBB GBNTILHOMIU. — SanS dOUtC il

a trouvé plus pressant d'ag^ que loisible de dâibérer.

( Les personnes du conseil défilent dans le fond.)

LE SECOND GENTILHOMME. — Lc Oiaréchal

de Tavannes a le visage tout en feu.

LE PRBM^IER GENTILHOMME. — Le bâtard

d'Auvergne est agité comme un fou.

LE SECOND GENTILHOMME. — Mais Ic maréchal de R^ et M. de Birague paraissent satisfaits ; leur avis a triomphé sûrement.

les princes et seigneurs auxquels il vouloit soumettre la proposition de la royne, d'envelopper dans l'exécution de Coligny les principaux du party, et d'en ruiner plusieurs pour en perdre un. Ceux qui n'avoient d'aultre passion que la crainte de Dieu et l'honneur de ceste couronne, la rejettèrent, et dirent que cet ade étoit si exécrable que la seule penace leur donnoit de rhorreur, et qu'il n'y avoit esprit si cruel et si brutal qui ne s'^ajfdt de voir une telle boucherie, non-seulement des coulpables qui estoient venus asseures de la démence du roi et de la foi publique, mais des innocents qui se trouveroient enveloppes en cet orage. (Cette opinion fut ouverte par le maréchal de Retz, comme on le voit dans le discours de Henri UI , XX.) Il y avoit si peu d'apparence à contredire cette raison, que le silence de ceux qui ne la pouvoient gouster luy servoit d'approbation ; et sur ce, chacun se retira, et le roy sembloit n*y vouloir plus penser. Mais la royne mère et ceux qui oonspiroient avec elle lui dirent que l'heure de la tenue de ce conseil estoit la dernière de son règne; que tout ce qui avoit été proposé seroit incontinent éventé; que dès demain chacun tronsseroit son pacquet, et qu'on ne les reverroit plus qu'en corps d'armée pour l'assiéger dans son Louvre. Cela le pressa si vivement, que ceux qui estoient déjà à la porte du Louvre pour se retirer furent rappelles ; et le roy leur dict que c'estoU/aU desonBê" tat, s'il ne faisoit ce qu'il avait proposé, et gvesi la mUet se passait sans le/aire, il seroU prévenu, estant bienadvertydumauvaisdesseindestraitres et rebelles. Cette parole, accompagnée de jurementset véhémence, ne rencontra que de l'ctonnement, d'autant mesme qu'il disoit que ceux qui trouvaient numvaii son dessekn n'estaient pas de ses serviteurs, •

En marge du texte qu'on vient de lire est imprimée l'annotation suivante : « Le roy consentit contre son gré à ceste exécution ; il dit à sa mère et à Tavannes qui le pressoient fort: Où est ma foi ^ la promesse que je leur a^ donnée? La royne lui dit : Sio^fesren, s'il vous pkUtt; Simm le jeu se fera sans vous. Et lors, craignant que son autorité ne fust offensée, il l'accorda, parce qu'il ne le pouvoit empescher. » UUtoire de Charles IX, sous Tannée 1572.

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