CHAPITRE VII
L'oubli général des principes d*ordre, dejustice, de bienveillance sociale, qui est un caractère général des guerres de fanatisme, se fait-il remarquer dans \es guerres intestines du seizième siècle ?
Les historiens du temps ont-ils remarqué dans les mœurs le changement que les guerres civiles y apportent toujours, cette habitude de passions haineuses et farouches^ cette direction générale des esprits vers les idées de violences et de proscription, enfin leur éloignement pour les idées de justice , de paix y d'union, d'harmonie sociale? Nullement, et, au contraire, tout prouve que le barreau, véritable école du juste et de l'injuste, fleurit dans ce temps; que l'étude du droit romain, qu'on a nommé la raison écrite, était en grand honneur. Regardez nos bibliothèques de droit, et vous verrez, à la date de nos principaux livres de jurisprudence , véritables cours de morale pratique, que jamais tant de grands jurisconsultes ne se succédèrent, et ne parurent ensemble, que sous les derniers Valois. Le président Hénault en présente la liste dans ses remarques sur le règne de Charles IX : Alciat, Tiraqueau, du Tillet, Cujas, Ramus, le chancelier de l'Hôpital, la famille des deThou, Karlay, les Pithou, Gui Coquille, Duranti, d'Es-
(1) Castelnau. — La Popelinière.
pesses, Brisson, Dupui, Loysel, Fabrot, Mole, le Fèvre, Gillet, la Guesle, Hotman , le Maistre, etc., etc.
Ajoutez que c'est sous le règne de Charles IX qu'ont été faites, comme dit Hénault , «nos « plus sages lois et les ordonnances les plus a salutaires à Tordi'e public qui subsistent ena core aujourd'hui dans la plus grande partie a de leurs dispositions. » Hénault écrivait à peu près dans le milieu du siècle passé; mais on peut ajouter que la révolution française a fait revivre un grand nombre de ces lois du seizième siècle, et a répondu à un grand nombre de vœux exprimés dans le môme temps par les états généraux de la nation.