‹ Œuvres du comte P. L. Rœderer (volume 3)Chapitre 210 sur 478 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

Le roi se foode sur le sentimeot supposé des éUto pour se déclarer contre les protestants dans son conseil. — Il y trouve de Topposition. — H se iàche; elle cède.

Comme les députés de la nation pouvaient trouver dans la résolution dominante des états, en faveur de la paix, des raisons d'empêcher l'exécution des dispositions subordonnées qui tendaient à ramener la guerre, de même l'impatience royale se plaisait à regarder la réunion au culte catholique, l'interdiction du culte protestant et la proscription des ministres^ comme l'intention dominante; et la douceur» comme une faculté dont on n'userait que dans le cas où l'on aurait le choix des moyens. S'étant d'ailleiu*8 assuré des orateurs dont les harangues s'accorderaient à parler énergiquement pour la réunion, le roi voulut se donner, aux yeux de la faction à laquelle il s'était voué, le mérite d'avoir décidé de lui-même ce que les états devaient lui demander; se flattant d'ailleurs que l'éclatante approbation que ne manquerait pas de lui donner la Ligue, dans laquelle son aveuglement ne voulait pas voir la haine de son gouvernement et le mépris de sa personne, ajouterait au zèle des orateurs, à la force d'une majorité fictive et illusoire, qui

DITES DE RELIGION

était minorité de fait, et imposerait silence à la majorité des votants^ qui était en apparence la minorité dans le calcul des votes par gouvernement. En conséquence, le roi, dans des conseils qu'il tint les U et 26 décembre^ ordonna de proclamer dans tout le royaume qu'il ne permettrait Texercice d*aucune auti-e religion que la religion catholique, pour exécuter le serment qu'il avait fait à son sacre. Il ajouta qu*il avait signé Tédit de pacification par /brc^. Le maréchal de Gossé trouva de l'inconvénient à ce que Ton parlât si librement au roi de Navarre, de peur de l'aigrir, ce que le roi ne trouva bon.

Le lendemain^ le duc de Cossé eut Je courage d'insister sur son avis. Le roi^ la reine, les cardinaux de Bourbon et de Guise, le chancelier^ le duc de Birou, et enfin le duc de Nevers^ qui nous apprend tous ces détails, furent de Tavis opposé. Le 23, Bellièvre dit à la reine mère que le roi, en fondant la déclaration projetée sur le serment qu^il avait fait au sacre, fermait la porte à toute capitulation avec des princes étrangers; que cette déclaration ne devait pas se trouver dans l'instruction des députés envoyés vers le roi de NavMre. Ce propos du marquis de Bellièvre, dit le duc de Nevers, fftcha le roi, qui s'échauffa de nouveau dans son conseil pour la résolution qu'il avait prise, et déclara qu'il ne vovlmt svr ce aucun avùt. Cette réxolution fut louée ^ et Sa Majesté aussi, de ttms ceux de son conseil, même du maréchal de Gossé.

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