‹ Œuvres du comte P. L. Rœderer (volume 3)Chapitre 217 sur 478 · CHAPITRE XXn · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXn

L*hi8toire des guerres civiles du seizième siècle ne peut s'expliquer par les intérêts religieux, séparés des intérêts priv^ de quelques grands de l*Êtat, et au contraire s'explique très-bien par les intérêts opposés de ces grands, sans Tinstigation des intérêts religieux , même sans leur immission , intervention, ou accession.

Les intérêts des grands ont été si exclusivement la cause et le motif des guerres dont nous parlons, que si l'on mettait de côté les intérêts personnels de six ou sept grands personnages du temps, pour expliquer ces guerres par les prétentions respectives des cultes rivaux, on ne parviendrait jamais ni à lier les faits, ni à en faire une histoire : la preuve en est dans la confusion des histoires qui existât. Au lieu que, mettant de côté les querelles des cultes, toute l'histoire des guerres dont il s'agit s'expliquera facilement, clairement, simplement par les intérêts , les passions et les actes des six ou sept personnages contemporains ou successifs qu'on voit y figurer.

J*ai essayé de prouver ailleurs cette vérité, tout exubérante qu'elle me parait, en ébauchant ce que j'appelle la guerre des grands, dégagée de toute question religieuse. J'ose croire qu'il est démontré par cette ébauche, néanmoins très-imparfaite, que les Guises et les Montmorencys de moins en France, ou les Valois valant quelque chose de plus, les querelles de religion n'auraient jamais pu entrer, même conune accessoires, dans une guerre civile. Je me flatte qu'elle dissipera surtout l'illusioii qu'a faite, aux historiens les plus éclairés, la multitude d'édits appelés de pacification qui ont marqué des intervalles de repos au milieu des temps de troubles , et qui ont toujours supposé une guerre entre les catholiques et les protestants. L'opinion que semblent autoriser ces édits doit s'évanouir devant cette remarque, qu'aucun édit n'a paru en France en faveur ou en haine des religionnaires, qui n'ait été précédé d'un traité purement politique concernant les intérêts des chefs des deux partis ; comme aucune paix n'a été enfreinte qu'au gré de ces mêmes intérêts tout personnels.

DITES DE RELIGION

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