‹ Œuvres du comte P. L. Rœderer (volume 3)Chapitre 241 sur 478 · LE ROI, MAUGIRON, QUÉLU8, SAINT- MÉGRIN · texte numérisé non relu

LE ROI, MAUGIRON, QUÉLU8, SAINT- MÉGRIN

LB BOi , éclatant de rire après avoir regardé si tout le monde est sorti. — Qu'en dis-tu , Maugiron? Quand je m'y mets, suis-je énergique?... Ce pauvre Bellièvre ! il ne s'attendait guère à voir sa vieille prudence de courtisan désappointée de cette manière (**) !

MÀUGiBON. — Votre Majesté l'a presque anéanti.

LB BOi. — Je l'ai relevé ensuite, et môme à mes dépens : j'ai besoin de lui... Mais les autres^ comme ils ont été émerveillés?... C'est qu'ils prennent les choses à la lettre ; ils croient bonnement que je veux faire une guerre à outrance 1

MàUGiBON. — J'avoue, sire, qu'il m'a fallu bien me tenir à ce que vous nous avez dit en

(•) Nevers, 21 décembre 1676.

(•*) Voyez la note U, à la suite du troisième acte.

particulier, pour ne pas m'y tromper moimême :, et il me semble que vous avez été un peu loin à l'égard du roi de Navarre.

LE BOi. — N'as-tu pas entendu que j'allais lui écrire une lettre particulière?

11A.DGIB0N. — Oui, mais de bonne encre, aveivous dit, et pour lui confirmer...

LE Boi. —Au contraire, ce sera poiur démentir toutes mes démarches patentes, mes discours d'apparat, mes instructions ostensibles (*j.

MÀUOiBON. — Mais quand vous accusez d'imposture les promesses faites dans4'acte de pacification , ne le prévenez-vous pas contre toutes vos négociations présentes et à venir?

QUÉLUs. — Tu parles comme le vieux Bellièvre. Ne doitron pas s'en rapporter à l'esprit de Sa Majesté pour pallier tout ce qui peut offusquer le roi de Navarre, concilier d'apparentes contradictions?

SÀIRT-MÉOBIN. ~ Le roi, dans une démarche directe, aura bien de l'afloeodanL

QuiLDs. — Et de la persuasion donc? sll laisse couler dans ses paroles cette bonté, cette grâce, cette douceur, ce charme qui lui sont naturels... {Le roi parait préoccupé. — Quélus lui prenant la main.) Mon roi ferait prendre deux pierres ensemble.

LE BOi , sortant de sa réflexion. — Je vais écrire; mes amis , vous verrez ma lettre. Maugiron ne sent pas que , lié d'intérêt comme je le suis avec le roi de Navarre, il ne me fallait pas moins qu'une déclaration de perfidie passée, présente et à venir dans mes relations d'amitié avec lui, poiu* décider la confiance des états en mon dévouement à la cause catholique. Le moment est critique : si j'avais donné la moindre attention aux scrupides de Bellièvre, cette confiance pouvait mf'échapper au moment de voter le subside que j'attends. {Sérieusement à Maugiron.) Non, mon ami, tu n'es pas assez pénétré de ce que vaut la confiance des états généraux.

MÀueiBON. — Sans doute, sire, elle est flatteuse; mais...

LE Boi. — Bah! flatteuse, il s'agit bien de cela ! Dis donc qu'elle est fructueuse, féconde.

0 Voyez la note V, à la suite du troisième acte.

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