SCÈNE PREMIÈRE
DaDS le petit cabinet du roi, après le départ du prince de Gondé et de la princesse.
LE ROI, LE COMTE DE BOISSONS, LE COMTE DE BA8S0MPIERRE, LE DUC DE GUISE, LE DUC IKÉPERNON, I^ MARQUIS DE CRÉQUY, D'ELBENNE, LE CHEVALIER DU GUET.
(Le comte de Bassompierre , le comte de SoissonSf les ducs de Guise et d'Épemon jouent avec le roi : le comte de Bassompierre est à sa droite. UElbenne dit quelques mots à l'oreille du roi au moment quHl finit; le chevalier du guet lui remet un rapport écrit.)
LE Boi, après avoir lu, dit bas à Bassom* pierre. — Bassompierre! mon ami, Je suis perdu; cet homme mène sa femme dans un bois. Je ne sais si c'est pour la tuer ou la mener hors de France. Prends garde à monai^ gent et entretiens le jeu, cependant cpie je vais savoir de plus particulières nouvelles {**). (Il sort, lé jeu cesse.)
LB coMTB OB soissotis, à Bassompicrrc . — Qu'est-ce qu'il y aï
LB GOMTB DE BASSOMPIBBBB. — MOUSieur
le prince est parti avec sa femme.
LE DUC D'éPBBNOif. — Et OÙ la mèno-t-il?
LE COMTE DE BAfsoMPiEBBB. «— Jo Pign(»re : c'est ce que le roi va savoir.
LB DUC DE GUI SB. — Il paraît qu'il est fort ému de cette nouvelle.
LE MABQUis DE cBiQUT. — Il y ado quoi.
(Les joueurs se lèvent; Bassompierre prend r argent du roi, et le met dans son chapeau.)
(*) Le 29 septembre 1609, à cinq heures du matin, le prince de Gondé part de Verteuil , frontière de Picardie, et enunène sa femme.
(*•) Mémoires de Bassompierre, \^ partie, p. 175.
LE coMTB DE BAssoMPiEBBE. — Je vftis porter au roi son argent, qu'il a Imssé sur la table; ce sera une occasion d'apprendre des détails.
Dans la chambre de la reine (*).
LE ROI, LE MARQUIS DE CŒUVRES, LE COMTE DE CRAMAIL, M. D^ELBENNE, M. DE LOMÉNIE, LE COMTE DE BAS- SOMPIERRE.
LE COMTE DE BASSOMPIBBBB. — Sire, VOilà
votre argent.
LB BOi, transporté de' colère. — Mon ami, je suis hors de moi : le monstre l le scélérat !
LB MABQUIS DE C0BUVBE8. — SÛTC , faitCS
courir le chevalier du guet après monsieur le prince.
LE BOi. — Oui, oui. Loménie, écrivez-en l'ordre.
LE COMTE DE CEAMAIL. — Il SCrait pluS SÛT
et moins humiliant pour monsieur le prince de dépécher Boum et Balagni pour tâcher de rattraper.
LE BOi. — Oui, oui. Loménie, expédiez-ea Tordre.
M. d'elbbnke. — Il serait bon aussi d'envoyer Vaudecourt sur la frontière de Verdun , pour empêcher son passage par là, sll s'en avise.
LB BOf. — Loménie, vous entendez*! ajoutez cela.
M. DE LOM^NiB. — Siro, VOS ministres doivent être arrivés.
LE BOf. — Qu'on les fasse entrer.