LES MÊMES, M. LE CHANCELIER, M. DE VILLEROI, LE PRÉSIDENT JEANNIN
LE BOi , au chancelier y à Villeroi et à Jeat^nin. — Messieurs, vous savez que monsieur le prince est parti, emmenant sa femme avec lui. montée en croupe derrière son valet de chambre (**). n a tourné du côté des Pays-Bas, a pris
(*) Bassompierre, l^* partie, p. 176.
(•*) Ibld., p. 176.
la route de Landreeies. Vous connaissez ma situation relativement à la maison d'Autriehe^ et les raisons que j'ai de ne point la regarder cconme amie. Dites-moi votre avis sur ce qu'il est à propos de faire.
M. LB cHANCBLiBa^ at^c«f»pAa#tf. —Monsieur le prince est sorti du bon chemin, H eût été à désirer qu*on l'eût mieux conseillé. Il aurait dû modérer l'ardeur d'un premier mouvement> et c'était un devoir pour lui.
LB Boi ^ avec impatience» — ^ Monsieur le chancelier^ ce n'est pas cela que je vous demande^ c'est votre avis sur ce qui est à fiiire. "
M. LB CHANCBUBB. — Mou avis cst quil faut rédiger^ publier et proclamer de bonnes et fortes déclarations contre M» le prince et tous ceux qui le suivent ou iraient le joindre à la suite^ ou lui donneraient aide , soit d'argent ou de conseil.
LB Boi^ impatienté y à M. de Villeroi. — £t vous, M. de Villeroi, voire sentiment?
M. DB viLLKBOi. — Sirc, il convicut de dépécher à tous les ambassadeurs du roi vers les princes étrangers, pour leur donner avis du départ de monsieur le prince sans permission du roi, et pour leur faire faire leur ofBce auprès des princes où ils résident, afin qu'ils ne retiennent pas le prince et sa femme dans leurs États, ou les renvoient à Sa Majesté.
LB Boi. — Et vous, monsieur le président Jeannin?
LB PBisiDBNT jBÀNiiiN. — Votre Majcsté, si elle daigne m'en croire, dépéchera sans retard un de ses capitaines des gardes du corps pour tâcher de ramener les fugitifs; et ensuite chez les princes aux États desquels ils seront allés, pour les menacer de leur faire la guerre eu cas qu'ils ne les lui remettent entre les iludns. M. le prince sera sans doute allé en Flandre par un coup de tête, sans avoir prévenu l'archiduc, qui ne te connaît point, qui n'a point d'ordre exprès de la cour d'Espagne pour le maintenir, et qui respecté et craint le roi, et ne se le voudra pas jeter pour peu de chose sur les bras, et sans doute vous le renverra, ou le diassera de ses États.
LB BOi.— Je goûte assez l'expédient de M* le président Jeannin, et son observation est juste en ce qui regarde l'archiduc... Cependant je veux encore avoir l'avis de M. de Sully avant
Vi* JOURNÉE, SCÈNE IV. a6l
de me résoudre à un parti. Je l'ai mandé par M. de Praslin; il ne peut guère tarder f).