‹ Œuvres du comte P. L. Rœderer (volume 3)Chapitre 308 sur 478 · X« JOURNÉE · texte numérisé non relu

X« JOURNÉE

du roi Catholique avec Sa Majesté Très-Ciirétienne. Si cela était vrai, vous auriez sujet de vous réjouir plutôt que de vous attrister.

LE BOi. — Ne dites pas de ces choses-là. Si le duc de Sully allait les entendre, je n'aurais qu'à me bien tenir... Mais non 5 je ne la reverrai pas. Si vous saviez conune ils la resseirent là-bas ! comme on la contraint, comme on la surveille ! L'archiduchesse la tient véritablement prisonnière dans son palais, à Bruxelles, depuis que Cœuvres a tenté de l'enlever... Et, pendant ce temps-là, voyez quel mouvement ils ont excité conlre moi, à la cour, à Paris, dans toute la France ! Combien d'inimitiés ils ont réveillées, combien ils m'en ont suscité de nouvelles ! Je suis aimé et adoré de mes sujets, dit Bassompierre : je me flattais de l'être il n'y a pas longtemps; mais les machinations des Italiens, les conspirations jésuitiques, les intrigues de la cour, les clameurs des Concini, des Vinti, des Jouannini, de d'Ëpemon, de la Vemeuil, de la reine, ont fait travailler le vieux levain de la Ligue...

LB DUC DE G 1)1 SE. — C'est la faveur dont jouit M. de Sully qui fait croire à d'Épemon que vous allez faire la guerre aux catholiques. Mais M. de Sully part avec Votre Majesté ; la présid' nce du conseil de régence, que Votre Majesté laisse à d'Épemon pendant la guerre, doit dissiper cet accès de défiance et de jalousie.

LE COMTE DE BASSOliriERBE. — Lc COUrOU-

nement de la reine, oii Votre Majesté a assisté si gaiement, ne lui laisse plus aucun motif d'inquiétude ; la marquise de Verneuil et le reste n'importent guère, et ne méritent pas que vous vous en occupiez... Mais ne vaudrait-il pas mieux, sire, quitter ce propos? J*ai quelque chose à vous demander.

LE 101. — A me demander? Parlez, mon ami.

LE COMTE DE BASSOMPiEBRE. — A VOUS demander, sire, mais en payant: ce sont trois cents paires d'armes de votre arsenal, qui nous manquent pour trois compagnies de chevau-légers {*).

LE B01. — Je vous les ferai donner, mais n'en dites mot; car tout le monde m'en demande-

C) Bassompierre, Vf partie, p. 188.

, SCÈNE in. 360

rait. Venez après dîner à l'Arsenal ; j'irai vcir M. de Sully qui est malade, et je lui commanderai de vous les faire délivrer.

LE COMTE DE BAS80MPIEBBB. — Je donnerai à rheure même l'argent qu'elles valent à M. de Sully, afin qu'il les remplace.

LE Bor. —Je vous dirai, mon ami, comme la chanson :

Je n'eu offre à personne, Biais à vous je les donne.

(Bassompierre lui baise lu main, et se relire avec le duc de Guise,)

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