SCÈNE IV
LES MÊMES, UN VALET, remettant une lettre à la Cassinei,
LA CASSINEL. — Mouseigncur, voici ce qu'on m'écrit du quai Saint-Paul : « Nos gens ont fait a merveille. Deux pièces de vin de Surène , a que j'ai fait amener sur le quai, ont donné a un redoublement de patriotisme à la troupe, a Jamais plus beau concert ne s'est foit entenadre à nos oreilles que les cris qu'ils ont (c poussés alors. Tandis que l*Armagnac presa sait ses arguments, des voix terribles fai- <» saient trembler les vitres de Tappartement , a en criant : A bas tes Armagnacs ! Enfin , la 0 fenêtre du balcon s'est ouverte , et le duc a d'Orléans s'est montré. Il a annoncé au peua pie que M. le Dauphin attendait la cour à a Corbeil pour traiter ; le peuple a aussitôt |
« crié : i4 Corbeil! à CorbeiULeduc d'Orléans <x a repris : La reine et les princes votU se rena dre à Corbeil. Et, en effet, les ordres étaient « déjà donnés pour le voyage , et un moment qi après la reine et les princes sont montés en 0 voiture, et ont tourné vers la porte Saint-Ana toine. 0 Monseigneur, voilà le moment d'agir et de vous montrer.
LE DAUPHIN. — Oui, dc mc montrer à nos amés et féaux du parlement , à notre bonne fille l'université, à nos bons et chers amis de l'hôtel de ville. Marcoignet, Rambouillet vont se montrer aux Armagnacs. Marcoignet, Rambouillet, je me repose sur vous. Marcoignet, faites les dispositions nécessaires pour empocher le retour de la reine et des princes à Paris. Et vous, chancelier Wailly, convoquez le parlement, l'université, l'hôtel de ville.
LE DUC DE BAB. — La première chose est de foire amener ici le roi votre père.
LE DAUPHIN. — Marcoignet, je vous en charge ; dites bien au roi qu'il sera mieux au Louvre qu'au quai Saint-Paul.
MABcoiGNET. — Je u'aurai pas de peine à le persuader...
LE DAUPHIN, au chancelier. Faites proclamer mon retour et ma régence.
LA CASSINEL. — Mouscigneur, n'est-ce pas précipiter...?
LE DUC DE BAB. — N'allous pBS trop vitc.
LE DAUPHIN. — Ils sout partîs ! je suis pressé.
Li DUC DE BAB. — Il scrait prudent...
LE DAUPHIN. — ^Prudent! Ah! prudent est bon!
LE DUC DE BAB. — Il faudrait au moins attendre qu'ils fussent au delà de Charenton.
LE DAUPHIN. — Sauront- ils ce qui se passera ici?
LE Dcc DE BAB. — Sout-ils Seulement hors de la porte Saint-Antoine? S'ils allaient se raviser!
LE DAUPHIN. — Bah ! ils sont bien loin. (Le chancelier, Rambouillet et Marcoignet sortent.)