ACTE m y SCÈNE VU
pleine régence. J'ai bien des afTaires sur les bras : par où vais-je commencer? (A la CassineL) D'abord, je veux m'acquiUer envers vous.
Duc de Bar, vous êtes un homme de goût : je vous charge de me faire faire une bannière battue en or, sur laquelle vous ferez peindre , en couleur de rose, la lettre K, un cygne et un L; vous entendez que cela veut dire K CYGNB L (*). n y a longtemps que j'ai cela en tête. Je veux arborer cette bannière. Vous approuvez... t
LE DUC DB BAB. — A mcrvcille , monseigneur !
LE DAUPHIN. — Je ne m'en tiens pas à cela, ce serait trop peu pour ma reconnaissance. J'exile la Dauphine, mon honorée femme, à Saint-Germain.
LA cAssiNBL. — Ah ! moAseigueur , jc n'accepte point un tel bienfait.
LE DAUPHIN. — Je veux d'ailleurs que le duc de Bourgogne, son père, sache bien qu'en écartant les Armagnacs je n'ai pas eu le dessein d'ouvrir aux Bourguignons les portes de Paris, et que je contiendrai Tune et l'autre faction.
LA cAssiNBL. — Qucl arrêt vous avez prononcé! JVxile Madame la Dauphin^'. Madame la Dauphine ! un ange de vertu , de bonté ! Et vous appelez cela une récompense pour moi !
LB DAUPHIN , choqué. — Mon intention du moins méritait un autre accueil.
LA CASSINBL. — Plutôt mou exil, que celui de cette excellente et charmante princesse !
LE DAUPHi N. — Prenezgarde, ma chère belle, vous devenez héroïque; oui, héroïque. M'imposer l'admiration et le repentir, deux supplices à la fois! Rien ne vous arrête.
LA GASsiNEL. — Jc u'ai qu'uuc crainte, celle de vous voû* débuter par une injustice, par une cruauté qui révolterait tous les cœurs honnêtes... (Tendrement,) Croyez, jMrince, croyez que si je vous étais moins attachée...
LE DAUPHIN. — Ah I du pathétique àprésent!... Mais je n*ai pas le temps d'admirer tant de métamorphoses. {A part.) Je ne sais à quoi il tient que je ne la prenne au mot ; et s'il ne
n Historique. Voyex la préface, pige 6.
m'avait pas semblé qu'elle a de l'inclination pour Lasti, je la congédierais. Voici le chancelier...
(Elle sort.)