V. HOC
Mais à tous ces brocards J'ai répondu d'avance, en donnant sans retards La somme dont Le Doux m'avait fait la demande. En offrant une somme encor beaucoup plus grande. Je puis réaliser cent mille écus demain, Les lui faire passer ; je les ai sous la main.
M. AUGUSTE
Il faut qu'en ce moment tout marche en sens contraire !
Le Doux n'a point encor réponse du notaire.
Le Doux était sorti, quand, de son pas pesant.
Le sieur Hue est venu porteur de votre argent.
11 était attendu chez un homme d'affaire ;
Il s'est rendu chez lui pour la soirée entière.
Le Doux, dans ce retard, croit voir votre refus.
M. HOC
De cet affreux soupçon vous me voyez confus. {Vivement , aTprès un moment de réflexion,) Mais que dis*je, un soupçon 1 Oh! l'on me fait l'inj' ire De croire ma défaite et bien lâche et bien sûre. Le Doux doit ressembler à tous les malheureux :
L'ami qu'ils jugent froid est un monstre à leurs yeux :
Du plus léger grief ils lui font un grand crime ;
Ils retirent de lui l'affection, l'estime ;
Méconnaissent en lui l'homme d'honneur, l'ami ;
Dans l'ami négligent voyent un ennemi.
n aura dit cent fois aux oreilles d'Albine :
Son amitié firUt le Jour de ma ruine ;
C'est une tête chaude^ il déclame au hasard,
Et ce n'est pas pour rien qu'il se dit franc Picard.
M. AUGUSTE
Mais il suffit d'un mot pour éclaircir l'affaire.
M. HOC
Je ne^e dirai point.