SCÈNE X
LES MÊMES, MARCOIGNET, une suite d'officiers ramenant Lahure par les oreilles.
MARCOIGNET. — Monseiguem*, vos ordres sont exécutés; quatre cents des nôtres sont maintenant en possession des portes de Paris et des postes principaux de l'intérieur. 11 est défendu de laisser sortir personne de Paris. Les troupes de la faction ont été désarmées, et tous les mécontents arrêtés. Un peloton de nos gens suit les voitures de la reine et des princes, et, dès qu'elles auront passé le pont de Gharenton, le pont sera coupé, tous les bateaux de la rive gauche amenés sur la rive droite, cl f^ardés.
LE MARGUÏLLIER DE SAINT-EUSTAGHE.
LE DAUPHIN. — C^est tout au mieux. J'ai le temps de faire reconnaître mes droits dans l'assemblée du parlement et des notables^ que mon chancelier a convoquée : je compte sur Taffection que tous les corps' de l'État ont pour moi.
LE CHANCELIER. — C'cst uuc coufiance bien fondée. Mais vous pouvez compter aussi sur la haine que ces corps ont pour vos ennemis.
MABcoiGNET. — Mouseigueur, je prends la liberté de solliciter un témoignage de votre satisfaction.
LE DAUPHIN. — Vous n'avcz qu'à parier.
MABCOIGNET. — Le sicur Lahure, que voilà, s'en allait tout courant au-devant de la cour, et il semait sur son chemin l'alarme dans tout votre parti, lorsque mes gens l'ont arrêté. Je demande à monseigneur la permission de l'exposer, toute la journée de demain, au haut du clocher de Saint-Eustache, à la place de lagirouette.
LE DAUPHIN. — Volontiere.
LAHUBE. — Peut-on pousser plus loin l'ingratitude?
LFs C0UBTI8ANS. — A la giroucttc , à la girouette, le marçuillier de Saint-Eustache ! Et vive monseigneur î
(lis sortent.)