‹ Œuvres du comte P. L. Rœderer (volume 3)Chapitre 427 sur 478 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

HOUGOT, LE GARDE, RUZIERS.

HOUOOT. — Que je sis malheureux ! comment faire pour l'adoucir? S't'hommel il n'est pas de fer, il a zun cœur; c'est attaché à s'n*âne, c'est ben naturel !

BUziEBS. — Qu'estr-ce que t'as donc tant à gémir, imbécile ?

HOUGOT. — Diantre ! et s't'âne à monsieur qui m'avont volé !

BuziERs. — Eh ben ! s't'ftne à monsieur, il n'était point à toi î Est-ce que ça te regarde qu'on l'ait volé? Mais le mien qu'ils ont déferré et rendu boiteux, c'est ben le mien . et je n'en pleure pas.

HouooT. — Mais, il veut me renvoyer !

BuziEBS. — Est-ce que t'es cause qu'on a volé son âne? T'es cause qu'on a volé son âne, comme j'sis cause qu'on a estropié le mien.

HOUGOT. — C'est sensible de perdre son âne ; jugez-en par vous-même.

BuziBBs. -*- Eh bien, moê, je dis que c'est à lui à 'faire rechercher le voleur qui a pris sa béte, et le coquin qui a démonté la mienne. Quand il viendra za ma boutique, c'est que j'ii dirai ben.

HOUGOT. — Mais vous ne savez pas ce qu'il dit; vraiment, le chagrin tourne l'esprit de cet

homme-là : il dit qu'on n'a pas volé son âne, que je l'ai laissé à l'abandon, et que l'âne est perdu par ma négligence.

BUZIBBS, père etflis ensemble. — Oh ! pour celui -lày c'est faux, oui c'est faux, et je le soutiendrez à lui-même!

BUZIBBS, père. — Je t'ai ben vu tomber, quand est-ce qu'ils ont dérobé Fane de dessous toi. Ta tête passait par-dessus toutes celles du monde qui était là à regarder ce charlatan ; j'étais à quatre pas derrière toi; pardi, je t'ai ben vu quand, tout d'un coup, t'es chu par terre ; et ce qui est de mieux , c'est que, le moment avant, j'ai vu passer l'âne que les voleurs emmenaient par son licol.

LE GABDB. — Et moê, j'ies ai vus ceux-là qu'étiont du complot, et qui vous bouteniont en l'air sur la selle jusqu'à oe que l'âne fût éloigné, et qu'ils vous ont flanqué par terre.

HOUGOT. — Gomment est-ce que je pourrai expliquer ça à monsieur? car^ faut dire la vérité, ça ne se comprend pas, qu'on peut pren^ dre un âne, comme ça, entre les jambes, sbds qu'on s'en aperçoive.

LE GABDB. — Lh bcu! si v'voulez, je pourrons faire la chose devant monsieur, telle qu'elle s'est passée. Mon père n'a qu'à v'prêter son bourit, v'monterez dessus, et moi et lui, avec un troisième que je prendrons avec nous, nous v'démonterons, sans que v'sen aperceviez.

BuziBBs. — T'as là une bonne idée : ce s'm moi qui fral'charlatan) j'entends ben ça, moi... par ainsi, monsieur verra aussi ma bête blessée, et il sera excité à faire faire des recherches par son ami Mouchardet... Ah! si j'avais ici le frère de ma feoune, il aurait bientôt dépisté ça, lui ! c'est un gars ! quoê, ça ne serait pas long.

HOUGOT. — Eh ben ! allez préparer le bourit; mettez-li la même selle que j'étais dessus; et j'frons devant monsieur la représentation de la chose, tdle qu'elle a été.

LB GÂBDE. — Oh ! j'entends ben la manœuvre, et j'sis sûr de réussir. Laissez-moi faire!

HOUGOT. — Mais, vous n'me laisserez pas tomber par terre, conune ont fait les voleurs, qu'ont manqué me casser les jambes et les reins.

LE GABDB. — Nou , nou ! j'y prendrons garde. Soyez tranquille î

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