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PRÈFACK.
expédition conlre Jacques d*Arniagiiac, duc de Nemours, contre le sire d'Albret, le comte de Foix et Jean,, comte â*Armagnoc, princes toujours en révolte.
Les premiers se soumettent -
Le comte Jean d'Armagnac prend la fuite. ï^ parlement de Pari» procède-contre le fugitif, le juge par contumace en 1469, le déclare convaincu du crime de lèse-majesté, et ordonne la confiscation de ses biens.
Ils sont partagés entre les principaux officiers qui avaient servi à rexpédition(l). Le comte de Dammartin y a bonne part. Le malheureux contumax étant revenu peu après à Lectoure, y est pris, et massacré sous les yeux de sa femme enceinte, qui, peu de jours après, est empoisonnée.
En 1478, Jacques d'Armagnac, duc de Neoiours, ayant <^té de nouveau mis en jugement pour sa persévérance dans la révolte, compromit le comte de Dammartin, qui devint suspect au roi ; ce qui n empêcha ni la condamnation ni Texécution du malheureux Nemours , dont on fit ruisseler le sang sur la tète de ses enfants. Damjnartin fut en disgrâce jusqu'à la mort de Louis XI.
Aux états généraux assemblés en 1483 et 1484, à Toccasion de Tavénement de Charles VIII au trône et de la régence d'Anne de Beaujeu, le comte de Dammartin fit partie de la cour du roi , ou cour des pairs, dans la séance solennelle d'ouverture. Les fils du duc de Nemours, qui avaient été arrosés du sang de leur père, et Charles d'Armagnac, frère puîné de Jean, massacré à Lectoure, se présentèrent devant l'assemblée, accompagnés d'avocats chargés d'exposer leurs réclamatioas. L'avocat de Charles d'Armagnac imputa en face au comte de Dammartin d'avoir commis toutes les horreurs imaginables dans l'expédition de 1469; d'avoir dépouillé les particuliers, pillé les églises^ marqué tous les lieux de son pas-
(1) VîJlarrl, Nfxfoivede France, t.XVH, p. 368.
sage par des incendies ; d'avoir fait assassiner le comte Jean dans Lectoure, empoisonner sa femme et l'enfant dont elle était enceinte, le tout au mépris d'une capitulation en vertu de laquelle il était entré dans la plac^. Il se plaint des affreux tourments que son client a endurés lui-même après l'assassinat de son frère. Il a subi plusieurs fois le supplice de la question... A la suite d'un détail de cruautés qui font frémir, l'avocat s'écrie: « £t les scélérats que j'accuse « respirent! et ils ont l'audace de paraître « dans cette assemblée î Je les vois, je les « row, parés des dépouilles des malheureux^ « insulter par leurs ris à mes discours et à « leurs larmes. . . Riez, misérables, continue- « t-il, riez, car bientôt vous pleurerez... « Boi, le plus grand nombre des coupables « est ici ; mettez-les entre les mains de votre « parlement. » Dammartin, agité de la plus terrible colère, déclara que tout s'étiiit fait par l'ordre du roi, et que le comte avait été un séditieux et un traître. Fous en avez menti par la gorge ! s'écrièrent les sieurs d'Albret et Lescun. A ces mots, le vieux guerrier met l'épée à la main et fond sur ses accusateurs, f-a présence du roi n'aurait pu empêcher que la s;^ne ne fdt ensanglantée, si un grand nombre de personnes ne se fût jeté entre les combattants (1). Ce dernier trait fait connaître tout ensemble la violence du caractère de Dammartin, et les temps auxquels ce personnage appartient.
En 1469, époque où Louis XII avait atteint sa septième année, âge que lui suppose la comédie qu'on va lire , le comte de Dammartin jouissait près de Louis XI de la faveur qu'il avait méritée par l'expédition de Lectoure contre Jean d'Armagnac. Il était fort naturel que Louis XI ayant à donner un chef à l'éducation du duc d'Orléans , jetât les yeux sur un grand aussi énergiquement prononcé que Dammartin contre la maison
(1) r.arnicr. Histoire de France, t. XIX, p. 21.-$ et 2!4.
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PRÉFACE
d*Armagnac , qui avait été si longtemps à la tète du parti d'Orléaus ; d*ailleurs franc chevalier , incapable , à ce titre , de souffrir aucune influence douteuse près du jeune prince , et assez profondément ennemi des lettres pour ne pas permettre que son enfance pût être atteinte par la calamité de la plus légère instruction.
Comme je Tai dit, il parait dans le fait que le comte de Dammartin eut part à Téducatiou ou , ^ l'on veut , à Tinéducation de Louis XII. Il serait impossible d'expliquer autrement que par cette circonstance une lettre que Louis XI lui écrivit à l'époque du mariage de Louis XII avec Madame ; cette lettre, produite juridiquement dans le procès du divorce qui eut lieu à la suite , s'exprime ainsi : « Monseigneur le grand << maître , je me suis décidé de faire le ma- « riage de ma petite-fille Jeanne et du petit « duc d'Orléans (Louis XII ) , vous avertis- « sant que j'espère laire ledit mariage ; ou , « autrement, ceux qui iront au contraire « ne seront jamais assurés de leur vie dans « mon royaume; pourquoi il me semble que « j'en ferai le tout à mon intention. »
n faut remarquer ici que le contrat de mariage du duc d'Orléans avec Madame est du 28 octobre 1473 (1); qu'alors le jeune prince n'était âgé que de dix à onze ans, et qu'ainsi son éducation n'était point finie. Quel motif aurait pu donner lieu à la lettre da roi, si ce n'était de faire notifier à tous les précqyteurs et autres gens du service du jeune prince des intentions que chacun d'eux devait seconder ?
(1) Duclos donne avec précision la date des fiançailles et du contrat de mariage de Louis XH avec Jeanne de France. Le contrat de fiançailles est du 19 mai 1464; le contrat de mariage est postérieur de neuf ans. (Histoire de Louis XI, t. II, p. 414.)
On a dit que cette lettre avait été supposée pour établir lallégation de conirainie sur laquelle Louis XII fondait la demande de son divorce. Il faudrait des preuves bien fortes pour faire croire que Louis X\l ait été capable de produire des pièces fausses dans ce procès. 1^1 ais , fausses ou vraies , il n'importe ici ; le faussaire, pour donner un air de vérité à son imposture , et surtout pour que Tacte faux produisit l'effet qu'on en attendait, n'a pu l'adresser qu'à un homme en autorité sur les personnes qui entouraient Louis d'Orléans , alors âgé de neuf ans ; et quelles étaient ces personnes, sinon ses précepteurs et instituteurs?
A}'ant rassemblé sous mes yeux , dans une espèce de tableau de famille, les divers personnages dont je viens de parler, il m'a paru que si je les montrais tous en action , selon leur caractère, dans une de ces circonstances où le gentilhomme, instituteur du jeune Louis, faisait usage de son masque, cet ouvrage serait une espèce de drame amusant et même instructif. J'ai d'ailleurs été entraîné à cette légère composition par le ,goût qui est naturel à la vieillesse pour renfance ; par l'affection qui est naturelle à un citoyen pour Louis XII; par l'idée qu'il ne serait pas sans utilité de rappeler , s'il était possible , quelques regards sur la personne même du plus parfait de nos rois ; pai^ l'espérance qu'on ne verrait pas sans intérêt les premiers commencements d'une de ces vies illustres et vénérables dont les lecteurs sont ordinairement bien aises de ne rien perdre. Enfin, je me suis enhardi en pensant que s'il ne m'appartenait pas de me mesurer à mon âge avec l'importance d'une histoire complète de Louis XII, je ne risquerais peut-être pas de rester trop au-dessous de mon sujet en représentant une anecdote de son enfance.
PERSONNAGES
LA DUCHESSE D*ORLfiANS, Marie de Clèves, mère de ïjmw XII, âgée de vingtcinq ans.
LE DUC D*ORLÉANS (Louis XII), âgé de sept à huit ans.
L'ABBESSE DE FONTEVRAULT, \ âgée de cinquante ans. ( ^ <. ^ ^.^ ., „ • . ,.
LA DUCHESSE D'ALENÇON, âgée ^"" ^"^ duc dOrléan». d un premier hl.
de quarante ans. ]
LE COMTE DE DAMMARTIN, gouverneur du duc; cinquante ans. MaItbb GALEOTUS MARTIUS, sous-gouverneur et précepteur; cinquante ans. MONTENAC, sous-précepteur civil; trente ans. BRESSILLE, sous- précepteur militaire; trente ans. HENRIETTE, femme de la chambre du duc d'Orléans; seize à dix-huit ans. Dames de la première éducation du duc d'Orléans.
iM scène eM à Fontainebleau ^ dans un salon de l'appartement de la ducliesse d'Orléans.
LE
FOUET DE NOS PÈRES
OU