SCÈNE PREMIERE
LA DUCHESSE D^ALENÇON, se.ulf.
Ma sœur n'arrive pas. Elle me fait dire qu'elle viendra me parler d^une affaii*e importante à neuf heures, et il eu est dix ! [Ironiquement et gaiement.) Mais c'est madame î'abbesse de Fontevrault ! la seule abbesse du monde qui ait jamais réuni sous sa crosse un couvent de religieuses et un couvent de moines y qui soit abbesse et abbé! Elle me fait attendre comme un de ses chapitres; c'est tout simple... D'ailleurs, chargée en chef de l'éducation de Madame, tille du roi , honorée de la confiance d'un monarque qui n'en accorde à personne, se croyant responsable de la gloire de son règne!... mon aînée!... oh oui, mon aînée, et de plus de trois ans!... combien d'avantages, combien de titres pour me faire attendre, moi, chétive gouvernante de notre petit frère d'un troisième lit, enfant difficile et mutin, qui sait déjà ce que c'est qu'être héritier présomptif de la couronne , et serait complètement gâté par la duchesse d'Orléans, sa mère, si le roi ne jetait sans cesse ses yeux défiants sur lui et sur ceux qui Fentourent!... J'aurais grand tort de me plaindre, assurément.
Mais que me veut madame de Fontevrault? Une affaire importante...! ditrclle. Me parler, à moi... à moi... d*une affaire importante!... quelque vétille dont elle veut que je l'aide à
faire une affaire sérieuse!... (Gaiement.) De tout .mon cœur, ma chère sœur, de tout mon cœur. Rien de plus aisé. Ne sommes-nous pas à la cour? Je suis un bon petit caractère, qui ne me refuserai jamais à ce qui peut y mettre du mouvement et de la gaieté.