SCÈNE IX ET DSRNIÈRE
LES PRicéDBNTS, MADAME BACHOT.
MADAME BACHOT. — Eh bien, mademoiselle, pourquoi donc ne répondez-vous pas à la sonnette de madame? C'est singulier qu'il faille
que moi , la femme de charge du chùteau , je vienne vous appeler ; encore est-il heureux que je me sois trouvée là, dans sa chambre, pour lui parler d'affaire ; sans cela elle aurait été obligée de ver'r vous chercher elle-même.
MADEMOISELLE ZIGUETTE. — Je VOUS aSSUr^,
madame Bachot, que madame n'a pas sonné.
MADAME BACHOT. — Elle a sou^é trois fois, moi présente. {Elle regarde la sonnette.) Mais^ en effet, le fil de laiton est cassé... (Elle va du côté du lit , et voit son fils assis dans vu coin.) Ah I te voilà, Fanferluche? Pourquoi estu ici ?
M . FANFERLUCHE. —Ma chèrc mère, c'est pour servir de témo»n à mademoiselle, comme quoi la sonnette n^apas sonné. T'est sur qu'elle n'a pas sonné.
[A part, à sa mère.) Vous savez bien pourquoi j'y suis.
MADAME BACHOT. — Dc quoi parlicz-vous donc vous deux?
M. FANFERLUCHE. — Ah ! ma mère, pouvezvous le demander? Je parlais de ma flamme.
MADAME BACHOT. — Et moi, qui en parlais à madame !
M. FANPERi.ucHR. — Gommcnl ! sans attendre le consentement de mademoiselle Ziguette ? Ah, ma mère! mademoiselle Ziguette me jugera indélicat.
MADAME BACHOT. — Quaud jc dis quc j'en parlais à madame, la vérité c'est que madame m'en parlait; elle me demandait comment allait l'amour entre les deux jeunes gens, et quand je les mariais? Pouvaisrje me dispenser de lui répondre? Mademoiselle, je vous prends pour juge. (On frappe.)
MADEMOISELLE ZIGUETTE. — Madame, tout ce que vous faites est bien fait.
M. FANFERLUCHE. — Est-cc UH complimeut pour moi, ce qu« vous dites là, mademoiselle? Si vous me trouvez bien fait pour vous, je m'estime autant que le plus bel homme de France.
MADEMOISELLE ZiGUETTE. — YoUS llC VOUS
estimerez jamais plus, monsieur Fanferluche, que je ne vous estime.
FIN
LA