SCÈNE III
LE COMTE DE DAMIARTIN, majtbe GA- LEOTUS, LA DUCHESSE D'ALENÇON.
le comte de DAMMABTiN. — Permettez, madame la duchesse, que je vous présente maître Galeotus Martius,que le roi vient de nommer sous-gouverneur de monseigneur le duc d'Orléans... C'est un second qu'il m'a donné , qui sera le ; remier en sagesse et en science; car, par Dieu, je ne me pique ni de l'un ni de l'autre. Mais je suis docile, et d'ailleurs j'aime les savants, moi : maître Galeotus a été précepteur du prince d'Esclavonie, fils et héritier de Mathias Corvin, roi de Hongrie, homme d'esprit, ma foi... Maître Galeotus connaît la cour...
la DUCHESSE D^ALEJsçoN. — Je VOUS félicitc, monseigneur, d'avoir près de vous une personne sur qui vous puissiez vous reposer des petites difficultés qui se rencontreront dans cette éducation.
LE COMTE DE DAMMABTIN. — DcS difficultés !
ah , des difficultés !
M* GALEOTUS MABTius. — Je uc négligerai rien pour les aplanir... et nos méthodes nouvelles...
LE COMTE DE DAHHARTIN. — Oui, OUl, apla-
nissez, aplanissez! quand il faudra, moi, je trancherai.
LA DUCHESSB d'alengon, malignement, — Le roi veille de très-près sur cette éducation.
LE COMTE DE DAMMABTIN. — Mais il m'a dit ses intentions ; d'après cela, il ime semble qu'il est dispensé de (ant de surveillance ; il lui suffira
de voir de temps en temps mon élève pour savoir s'il profite ou non.
LA DUCHESSE d'aLENÇO^î. — Lc TOi IC VCUt
bien instruit, sans doute?
LE COMTE DE DAMMABTIN. — Très-instruît ,
fort instruit : manier la dague et tirer l'arbalète, monter à cheval, la chasse, la danse , la paume... Oh ! la journée sera bien remplie !
LA DUCHESSE d'alençon. — Et la duchcssc d'Orléans, sa mère, vous a-t-elle aussi notifié ses intentions?
LE COMTE DE DAMMABTIN. — NOH ; mais CCl-
les du roi ne suffisentrelles pas? est-ce qu'elle aurait quelque chose à changer, ajouter, retrancher?
LA DUCHESSE d'alençon. — MbIs VOUS dovez croire qu'une jolie veuve que mon père, en ses vieux ans , a consolée de son union avec lui , par des vers tendres et galants, qui se pique d'un esprit déUcat, une mère passionnée pour un fils unique, héritier du trône (tant que le roi n'aura pas de fils). .
LE COMTE DE DAMMABTIN. Far DicU , le
roi est bien maladroit de ne pas se faire un fils! Il est vrai que la reine... Mais pardon, je vous ai interrompue.
LA DUCHESSE d'alençon. — Jc disais que la duchesse voudrait à son lils toutes les sciences, tous les talents, toutes les perfections.
LE COMTE de DAMMABTIN. — Oh, diable!...
je ne suis pas l'homme qu'il lui faut pour cela.
LA DUCHESSE d' ALENÇON. — Soycz tranquille): en désirant que le duc sache tout, la duchesse veut qu'on lui épargne la peine de rien apprendre... C'est un fils unique... il est prince héréditaire!. .
LE COMTE DE DAMMABTIN. — Il faudra
pourtant bien qu'il apprenne tout ce que le roi veut qu'il sache.
LA DUCHESSE d'alençon, fiant, — Et s*il est indocile?
LE COMTE DB DAMMABTIN. — Jc mC SUis expliqué sur cela avec le roi... Oh! parbleu, s'il est indocile...
LA DUCHESSE d'alençon. — Eh bicn?...
LE COMTE DE DAMiiABTiN. — Eh bien!... le fouet de nos pères.
LA DUCHESSE d'alençon. — Oh! VOUS étes sévère. Mais peut-être... votre sévérité est-elle fort à propos... dans ce moment-ci... car...
LE COMTE DE DAMMABTIN. — POUr Ce mO-