ACTE I, SCÈNE IV
ment-ci ! non pas, par Dieu ! et n* allez pas lui dire... je ne veux pas qu'il s'éloigne de moi dès le premier joiu*; tout dépend du commencement, n faut^ au contraire^ lui dire, s'il vous plsdt^ et je vous en prie , que je suis très-bon homme et très -doux. .
LÀ DUCHESSE d'alençon , à part. — Cela ne fait pas notre compte. {Haut.) Sans que vous me l'ayez demandé y je n'y ai pas manqué.
LB coaiTE DE DAMMABTiN. — 11 est aîmablc cet enfant^ très* aimable. Hier il a beaucoup regardé mon épée; il voulait la tirer du fourreau.
LA DUCHESSE d'alençon. — U l'échaugera quelque jour contre une épée de connétable... si le roi ne le prévient.
LE COMTE DE DAMMABTiR. — Il uc m'a parlé que de mon cheval de bataille.
LA DUCHESSE d'aLEiXÇON. — Il VCUt VOUS
faire sa cour.
LE COMTE DE DAM MARTIN. — Jc l'aimC à la
folie; ce sera un joli garçon... (.se reprenant). Il ne faut pas dire cela au roi !
LA DUCHESSE d'alençon. — En cc cas, ne vous brouillez jamais avec moi.
LE COMTE DE DAMMABTiN. — Commcntime brouiller avec vous ! et à quelle occasion cela se pourrait-il?
LA DUCHESSE d'alençon. — A qucUc occasion?àla cour...!
LE COMTE DE DAMMABTIN. — VoUS VOulCZ
me faire peur?
LA DUCHESSE d'alençon. — Moi^ faire pour au comte de Dammartin !...
' LE COMTE DE DAMMARTIN. — Ou pCUt ètrC
brave à la guerre, et craindre de déplaire aux dames.
LA DUCHESSE d'alkhçon. — Lc comtc de Dammartin galant!
LE COBTIE DE DAMMABTI N. — Je VOUS étOUnC !
cela ne m'étonne pas. Je suis changé, trèschangé. Depuis que le roi m'a fait grand maître de sa maison, j'ai des élans de politesse... des emportements de cérémonie... des accès de douceur... dont je ne suis pas maître.
LA DUCHESSE d'alençon. — Peul-étrc tout celasera-t-il bientôt mis à l'épreuve. Nous verrons comment vous vous en tirerez.
LE COMTE DE DAMMARTIN. — ToUJOUrS la
même menace !
LA DUCHESSE b'ALEiigoN. — Voici la du-
chesse d'Orléans, avec toutes les personnes de l'éducation qui finit et de celle qui commence.
LE COMTE DE DAMMABTIN. — EUc est daUS
l'ivresse; la tète lui tourne de voir son fils en haut-de-chausses! {Apart.) Par la Pâques-Dieu, comme dit le roi, les femmes sont folles !