‹ Œuvres du comte P. L. Rœderer (volume 3)Chapitre 5 sur 478 · ACTE I · texte numérisé non relu

ACTE I

beffroi. Le sire de Rambouillet vous a dit...

LAHUBB. — Monseigneur ^ il m'a fait Thonneur de venir me voir; mais il m'a trouvé au milieu des décomptes de l'auguste cérémonie qui a eu lieu hier pour le baptême de notre cloche. Cette cérémonie a coûté un peu cher; mais ces choses-là n'arrivent pas tous les jours. Mon nom est inscrit dans un bandeau qui règne sur toute la circonférence de la cloche , avec celui du parrain et de la marraine, qui viennent après. Monseigneur sait le nom qu'on lui a donné?

LE DAUPHIN. — Ma foi, nou ; mais il ne m'importe.

LAHUKB. — Mon Dieu si, monseigneur, il vous importe : c'est le nom d'Isabelle, de la reine, de votre auguste mère... Monseigneur ignorait, à ce qu'il parait, cette circonstance ! . . . C'est moi qui en ai donné l'idée. Oui, notre cloche du beffroi se nomme Isabelle. Quelquesuns disent Isabeau ; mais cela était bon quand la reine était plus jeune. Ainsi, quand le beffroi sonnera, on dira : C'est Isabelle. Ces choses-là nq)pellent toujours le nom des maîtres. Les princes ne peuvent trop multiplier les occasions de faire parler d'eux; le son de notre Isabelle retentira dans tous les cœurs, quand il frappera les oreilles.

MABcoiGNKT. — Au fdit, mattrc Lahure, nous avons besoin de cette cloche à minuit sonnant.

LAHUBE. — Monseigneur peut en disposer.

Veut-il qu'elle répète l'heure de minuit?

LE DAUPHIN. — Oh! il s'agit de bien autre chose.

LAHURE. — Faut-il qu'elle sonne une messe, un mariage, un enterrement, un Te Deum?

LE DUC DE BAK. — Ricu dc tout ccla, mon cher. Le tocsin.

LAOUBE. — Le tocsin ! bon Dieu ! le tocsin ! Et pourquoi?

MABcoiGNBT, avec chaleur. — Pourquoi?

pouvez-vous le demander? un bon citoyen comme vous ! Les maux de l'État ne vous sontils pas connus? ne sontrils pas à leur comble? La maladie du roi n'a-t-elle pas ramené tous les fléaux de sa minorité, cette ambition de régner sous son nom qui a divisé ses oncles, leur insatiable avidilé qui s'est disputé les trésors de l'État et les fortunes particulières? Ces tristes eflÎBts de la démence de Charles ne sont-

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