‹ Œuvres du comte P. L. Rœderer (volume 3)Chapitre 62 sur 478 · ÇON · texte numérisé non relu

ÇON

• UN VALBT, annonçant. — Madame l'abbesse de Fontevrault, de la part du roi.

L*ABBBSSE DE FONTEVBAULT. — Je U'ai ricn

obtenu. Au premier mot que j'ai dit au roi, il m'a interrompue en s'écriant : «Quoi ! ce n'est pas chose faite? Par la Pàque-Dieu! a-t-il ajouté, je ferai ce petit garçon moine de Cluny , et je renverrai sa mère en Allemagne (*). J'ai d'autres affaires en tête que celles-là : je ne veux en entendre parler que pour apprendre que ce que j'ai ordonné a été exécuté. Je vous charge de m'en rendre compte. »

LA DUCHESSE d'obléans. — Aiusi il faut décommander la fête de ce soir?

l'abbessr de fontevbault. — Point du tout. J'ai soumis votre scrupule à la décision du roi.

LA DUCHESSE d'alerçopt. — Eh bicu?

L*ABBESSB DE FONTEVBAULT. — Il a haUSSé

les épaules. «Rien n'empêche, a-t-il dit, qu'un petit drôle corrigé le matin ne danse l'après-midi ; la danse fait partie de ses exercices : qu'on ne me fasse pas une aflaire d*État d'une misère de famille. »

LA DUCHESSE d'obu&ans. — C'cst, en effet, une petite affaire pour le roi que le chagrin d'une mère et l'humiliation d*un enfant ! Cependant, madame , vous auriez pu lui représenter...

l'abbesse DE FONTEVBAULT. — Lui représenter... et quoi ?... Franchement, moi, je suis de l'avis du roi : les corrections de famille ne dégradent point du tout. Quand je suis à mon abbaye de Fontevrault, il ne se passe pas de semaine que je ne mette quelqu'un de mes

(*) Propres paroles de Louis XI.

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