LA DUCHESSE D'ÉTAMPES, LA DUCHESSE DE VALENTINOIS
LA DUCHESSE DE VALENTIINOIS. — Jc Ue CrOÎS
pas^.madame y que je me sois exposée à vous déplaire^ en soumettant au roi la demande de présenter la serviette à Tempereur avant le banquet de ce soir. J*ai supposé que cet honneur ne pouvait être un objet d^ambition pour vous. Votre position vous met fort au-dessus.
LA DUCHESSE d'étahpes. — Un tel honneur^ madame^ n'est au-dessous de personne; et j^ose croire qu'il n'est pas au-dessus de moi.
LA duchesse de vAL£NTi?iois. — Au-dessus! qui pourrait avoir une telle pensée?
LA DUCHESSE d'étampes. — Certainement^ madame, ce n'est pas une personne connaissant comme vous la valeur des honneurs de cour^ et jouissant des plus élevés. Mais quelqu'un pour qui ces honneurs ne seraient point faits, pourrait prendre la licence d'en douter. L'envie accompagne d'ordinaire les ambitions malheureuses.
LA DUCHRSSE DE VALENTINOIS. — QuC je
suis chagrine d'avoir ignoré le désir que vous aviez!
LA DUCHESSR d'btampes. — Faut-îl 9 madame, que je me trouve, sans m'en être doutée, opposée à vos vœux?
LA DUCHESSE DE VALENTINOIS. — Au fait ,
c'est monsieur le Dauphin qui s'est mis dans la tête de me voir faire cette cérémonie.
LA DUCHESSE d'étampes. — Je uc suis pour rien non plus dans la demande que j'ai faite. C'est monsiour le duc d'Orléans qui en a la fantaisie.
LA DUCHESSR DE VALENTINOIS. — MOUSlCUr
le Dauphin en a parlé à la reine , qui a daigné approuver que je rendisse ces honneurs à l'empereur, son auguste frère.
LA DUCHESSE d'btampes. — C'cst monsicur le duc d'Orléans qui , dans les petites libertés
CHARLES-QUINT
qu'il a prises avec l'empereur à Chàtellerault^ où Sa Majesté a beaucoup caressé cet enfant^ lui a fait naître l'envie de me connaître, et m'a comme forcé de me mettre en avant.
LA DUCHESSE DE VALENTINOIS. <— 8'il était
temps encore , je prierais la reine de ne point présenter ma demiande au roi.
LA DUCHESSE d'btahpes. — Que lie m'estrîl possible de négliger une occasion de répondre à l'obligeante curiosité que lempereur a témoignée pour moi ! je supplierais le roi...
LA DUCHESSE DE VALENTINOIS. — Je nC puiS
plus reculer; la décision du roi est sûrement déclarée à l'heure qu'il est au grand maître, monsieur le connétable de Montmorency , qui ne tardera pas à nous la transmettre. Puisset-elle, madame, m'être contraire et remplir votre attente !
LA DUCHESSE d'étahpes. -* J*attends comme vous, madame, la décision du roi. Je serai au désespoir si elle trompe vos justes espérances.
LA DUCHESSE DE VALENTINOIS. — Je pilis
vous le protester : la distinction que j'ai ambitionnée me serait moins sensible que la satisfaction de vous en voir jouir.
LA DUCHESSE d'étampss. — Jo VOUS prie de croire, madame, que ce sera un véritable chagrin pour moi de vous en voir privée.
LA DUCHESSE DE VALBNTIISOIS. — J'cSpère
que le roi croira sans peine que j'ignorais vos desseins.
LA DLCHKSSK d'etampes. — Assurcz bien monsieur le Dauphin, je vous en conjure, de l'extrême contrariété que j'éprouve en apprenant l'intérêt qu'il mettait pour vous, madame, à cette distinction.
LA DUCHESSE DE VALENTINOIS. — Je COUr»
chez le grand maître pour savoir la décision du roi.
LA DUCHESSE d'étampes. — Voîci Ic roi qui me l'apprendra peut-être lui-même.
UN HuissiEB, anfionqant.— Le roi!