‹ Œuvres du comte P. L. Rœderer (volume 3)Chapitre 90 sur 478 · LE DIAMANT DE CHARLE&<JUINT · texte numérisé non relu

LE DIAMANT DE CHARLE&<JUINT

Vous me rappelez que Gellini s'est présenté chez moi.

LK BOi. — Oui , et vous Tavez fait attendre deux heures dans votre antichambre ; et il s'est fâché (vous connaissez cet original) ; et il a dit tout' haut : «Puisque c'est ainsi qu'on reçoit ici les artistes, allons porter ailleurs ce tribut de mon art; » et il a emporté le bassin et l'aiguière. L'archevêque de Ferrare, qui ne Ta point fait attendre dans son antichambre ^ a maintenant la jatte et le pot à Peau (*).

hJL DUCHEssB d'étampes. — Si je l'ai fait attendre dans mon antichambre^ ce n'est point par hauteur : j'ai sur le cœur un grief contre lui.

LE ROI. — Gomment! un grief*?

LA DUCHBssB d'btampes. — Lorsqu'îl vous a invité à venir voir dans son atelier le Jupiter et la Junon d'argent massif qu'il a fondus et ciselés pour vous, pourquoi ne m'a-tril point avertie? Il ne pouvait oublier que j'accompagnais Votre Majesté lorsqu'elle daigna pour la première fois visiter ses ateliers^ et que mon admiration pour ses ouvrages n*a point affaibli votre bonne volonté pour lui. Vous savez que je l'ai toujours élevé fort au-dessus du Primatice et del Rosso , ses deux rivaux , et que la contiance de Votre Majesté en mes avis ne lui a pas été inutile. C'est un ingrat^ à qui je revaudrai...

LE ROI. — Oui, mais c'est un artiste qui fait honneur à mon bon goût, qui décore mes palais et ma table; et, pour donner à laver à l'empereur, son aiguière et son bassin nous manqueront.

LÀ DUCHESSE d'etampbs. — Jc VOUS assure, malgré ce que ma bonté pour lui m'a fait dire de ses rivaux, que le Primatice et maître Roux, à qui vous le préférez, ont plus de talent que ce mauvais sujet : ils sont plus exacts à satisfaire Votre Majesté, et moins insolents.

LE ROI. — Voici le connétable de Montmorency.

LA DUCHESSE d'eta&ipes. — Je mc retire.

LE ROI. Non, demeurez, je vous prie.

(*) Historique.

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