‹ Œuvres du comte P. L. Rœderer (volume 3)Chapitre 92 sur 478 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

LE Boi. — Et de quel ton prononça-t-il ces paroles?

LE CONNÉTABLE. — D'une voix forte et franche ; de la voix d'un homme d'honneur.

LE BOi. — Et vous vous y confiez?

LE CONNÉTABLE. — Oui , sirc; et je lui ai montré cette confiance avec une effusion qui, je crois, embarrasserait fort la déloyauté la plus aguerrie.

LE Boi. — Il faut bien me contenter de ce faible gage, puisque je ne puis en obtenir d'autre. {A la duchesse,) Ce parti est dur ; mais puisque je n'ai pu obtenir de monsieur le connétable...

LA Dt'CHEssB d'étahpes. ~ Aiusi il uc rcstc plus qu'à jeter au feu l'ordre destiné au gouverneur d'Arras !

LE BOi , embarrassé. — Je suis d'une hu-

meur

LA DUCHESSE o'ÉTAMPES, à part. — Fcignous de brûler l'ordre, et gardons-le précieusement : cela pourra nous servir.

(La duchesse, assise près d'une table, plie^ sans être vue du roi, un papier sur le même format que l'ordre d'arrêt, serre tordre dans sa bougette, et tient le papier de manière que le roi le voie.)

LE Boi. -^ n dîne aujourd'hui avec moi. Vous remplirez votre office de grand maître de France. Vous l'enchaînez, dites- vous, par votre confiance : je veux l'accabler d'honneurs et l'éblouir par la magnificence de ma cour, signe non équivoque de ma puissance et de ma grandeur.

LE CONNÉTABLE. — Oui, sirc ; ct déjà, d'après vos ordres, tout se prépare pour le grand couvert de Votre Majesté.

[Pendant que le roi parle ^ la duchesse, feignant un air de mécontentement et de dépit, brûle à une bougie le papier blanc qu'elle a furtivement plié. Le connétable donne des ordres dans le fond du théâtre.)

LE Boi. — Que faites-vous là, duchesse?

LA oucRBSSR d'étampes, d'un ton de dépit. — D'après vos concessions à monsieur le connétable, je brûle l'ordre écrit pour le gouverneur d'Arras.

LE Boi. — Ne vous avais-je pas laissée maitresse de l'envoyer ou de le retenir?

LA DUCHESSE d'btampes. — Oui ; mais vous avez fini d'une manière si faible avec M. de

LE DIAMANT DE

Montmorency... j'ai cru entendre vos dernières intentions...

L£ BOi. -* Mes dernières et mes premières intentions sont toujours de ne pas m*ccarter dos vôtres.

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