‹ Œuvres du comte P. L. Rœderer (volume 4)Chapitre 108 sur 359 · TROISIÈME RACE · texte numérisé non relu

TROISIÈME RACE

que de mauvaise grâce (^ ). Le palais du prince était le château des fiefs qui constituaient les grands officiers ; les grands officiers s*y regardaient comme chez eux, et s*y conduisaient en conséquence. Ds n'étaient pas nombreux. Les princes et princesses du sang^ môme de la faniille royale, avaient un petit nomblre d'officiers.

La maison du prince, celles des princesses môme, n'admettaient point de femmes dans leur composition. Aucune femme n'avait de rang à la cour. Anne de Bretagne fut la promise qui s'entoura de filles d'honneur qu'elle faisait élever sous ses yeux, à son exemple, dans la sagesse, la réserve, la modestie, convenables à leur sexe.

Le roi n'avait point de maison militaire. Des gardes en petit nombre : cent Écossais depuis Charles Vil, cent gentilshommes au bec de corbin ou de faucon à dater de Louis XI, cent gentilshonmies extraordinaires créés par Charles VIII , composaient toute la garde du roi. Toutes les places et dignités du clergé étaient électives ; les places de la magistrature, électives. Les troupes régulières étaient peu nombreuses, et le nombre des officiers à la nomination du roi, très-borné. Enfin, le trésor public n'était point indéfiniment à la disposition du roi (S) ; c'était la chambre des comptes qui ordonnançait la distnlnition des fonds pour les dépenses publiques. Le roi était borné au revenu de son domaine et des droits domaniaux.

En deux mots , avant François I" les rois avaient une famille, une garde, des domestiques^ de grands officiers de la couronne indépendants, puissants même, et point de cour habituelle et permanente, si ce n'est leur maison. La réunion des grands, qu'on appelle la% cour, était un événement passager que signalaient de froides ostentations, de petites rivalités entre des personnes qu'aucune liaison n'intéressait, et qui ne devaient se revoir que ffl^ement. Il n'existait ni esprit de cour, ni mœurs de cour, ni nation de cour, ni patronage de cour, ni clientèle de cour, ni domination de cour.

(1) Legendre, Moeurs des Français,

(2) Voyez chap. Y du Mémoire pour servir à une fumveUe histoire de François r', et les noies d'après Cangé.

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