CHAPITRE IIL
Développemeuts concernant la maison du roi, distinguée de la cour.
PREMIER DÉVELOPPEAŒNT.
ÉLimilATIOH DES 6RAHDS OFFICIBAS 01 LA COURONNE.
Deux offices avaient encore retenu quelques fonctions de la couronne, ceux du grand cham-
brier et du connétable : François I" les fait disparaître de sa maison.
Le grand chamhv'xev {fmfncularius, différent, conune je l'ai dit , du grand chambellan, camerarius) , après avoir été deux cents ans un des signataires et des conseillers nécessaires des actes royaux, avait conservé, jusqu'à François I", rang et séance à la chambre des pairs, ainsi qu'aux états généraux. Ces deux prérogatives se réduisaient à rien, sous un prince qui ne convoquait point de cour des pairs pour juger les personnes qu'il voulait perdre, qui ne ^ulait pas entendre parier d'états généraux pour autoriser les impôts. Mais, il restait encore au grand chambrier un droit important, c'était de surveiller les recettes et les dépenses de la maison du roi, et celles de l'État; il avait, de plus, juridiction sur un grand nombre de professions; et il possédait, de plus, son office à titre de fief. Le droit de survei^ lance sur les recettes et dépenses du roi, était au moins importun, pour un prince prodigue; il suffisait que ce droit pût être exercé avec intégrité par un officier inamovible, pour que le roi voulût s'en affranchir. Il y réussit par un moyen fort simple : il donna la chaîne au duc d'Orléans, son fils. C'était abolir ce qu'elle pouvait avoir d'utile pour la nation. Après l'avoir dépouillée de toute utilité, il lui était aisé de la supprimer : son fils mourut , et il la supprima.
L'office de connétable eut, à peu près, le même sort. On voit dans du Tillet que, postérieurement au règne de Philippe le Long, cet office avait été démembré; qu'on en avait détaché sa fonction primitive, qui était le som de l'écurie du roi , pour la donner à un grand écuyer, et qu'on avait constitué le connétable chef de l'armée. A l'avènement de , François P% le connétable n'était donc plus officier de la maison; il était grand officier de la couronne. Les maréchaux avaient, comme le connétable, changé de condition ; au lieu de rester officiers des écuries du roi , ils étaient devenus assesseurs du connétable pour le jugement des gens de guerre, et devinrent, plus tard, juges du point d'honneur. Après le jugement, ou plutôt la proscription du connétable de Bourbon, le roi fut dix ans sans nonuner à la place de connétable : il y nomma ensuite Anne de Montmorency ; mais il devint jaloux
sous FRANÇOIS ^
de ses succès^ et, se mettant lui-même à la tète d'une armée ^ il rendit le commandement de celle qui était confiée à la valeur et à la sagesse d'Anne illusoire et périlleux , par la contrariété qu'il opposa à toutes ses opérations et à tous ses desseins.