‹ Œuvres du comte P. L. Rœderer (volume 4)Chapitre 111 sur 359 · COMPOSITION DE LA MAISON DU ROI. ANCIENS OFFICES CONSERVÉS · texte numérisé non relu

COMPOSITION DE LA MAISON DU ROI. ANCIENS OFFICES CONSERVÉS

François I" fut plus favorable aux officiers de son service qu'à ceux du service public. Le plus considérable^ quand il monta sur le trône, était celui qui, depuis Louis XI, s'appelait le grand maitre de France. La fonction du grand maître de France était alors de garder les clefs du palais, d'y maintenir la propreté et la police, d'y commander une petite troupe pour la sûreté et le bon ordre, de régler le service de la table du roi et de celle de ses commen saux^ sans oublier la sienne. Ajoutons qu'il avait juridiction sur plusieurs métiers^tels que les bouchers et les charcutiers.' Sa chaîne lui était inféodée, et il rendait foi et hommage au roi pour en recevoir l'investiture. François l*"^ changea, sans y prendre garde, l'existence de ce grand officier ; et, par le luxe et le nombre immodéré des tables de sa maison, et par Paccroissement de sa garde militaire, il en fit un personnage dangereux, au moins, pour des rois fainéants. Il ne fallait pas moins, dit Brantôme, que six tables à la cour, sous François I«% et si bien montées que rien n'y manquât; six tables, servies y même dans les forêts et dans les villages, quand le roi voyageait ou allait à la chasse, comme si c'eût été à Paris. Quelle troupe de subordonnés suppose un pareil luxe! et quelle clientèle donne au grand maître cette multitude de commensaux de divers rangs I Sous ses ordres étaient le WMltre-queuXy qui remplaçait le grand queux ou grand cuisinier, dont l'office avait été précédemment supprimé ; le grand bouteilter ou échanson, et le grand panetier. Leurs offices, précédenwnent dépouillés de leurjuridiiîtion, l'un sur les marchands de vin, l'autre sur les boulangers, et d'autres prérogatives politiques, telles que la chambre des comptes, qui appartenait au grand échanson , étaient néanmoins toujours

possédés en fief, sujets à la prestation de foi et hommage, et possédés par des personnes de haut rang. Ajoutez les valets ou écuyers tranchants , les écuyers de cuisine , appelés depuis gentilshommes servants ou collectivement le serdeauy les potagers, les hâteurs, les sauciers, les pâtissiers, les rôtisseurs, etc. C'était une légion. Mais, ce qui accrut la puissance du grand maître à un point formidable, ce fut l'augmentation de la garde royale, qui se trouvait dans le palais sous ses ordres et sous sa clef. En gagnant cette troupe, il pouvait se rendre maître de la personne du roi , et en faire son prisonnier. Anne de Montmorency, et François et Henri de Guise, ont possédé successivement la place de grand maître de France, et ont prouvé, par leur empire sur des rois, très-faibles à la vérité, combien, dans le service de cette charge, on était plus près du commandement que de l'obéissance.

La place de premier chambellan , dénuée de tout caractère d'office public, hérita des fonctions domestiques du grand chambrier supprimé.

La place de grand écuyer de France (1), élevée fort haut par Louis XI, fut maintenue dans son autorité sur les écuries du roi, distraite depuis longtemps de la charge dé connétable.

Les offices de grand veneur de France et de grand fauconnier de France, dont le titre paraît dater du règne de Charles VI (2), furent aussi maintenus dans leurs prérogatives : ils étaient possédés en fief. Le roi donna l'office de grand fauconnier à René de Cossé, de qui il passa à Timoléonde Cossé, qui le possédait, dit du Tillet, en 1616 (3) ; d'où l'on pourrait conclure que ce fief était héréditaire. Il donna l'office de grand veneur à Claude de Lorraine, duc de Guise, père de François, tué par Poltrot, et aïeul de Henri, assassiné par Henri 111 : c'est de ce Claude de Lorraine et du cardinal, le grand ami de François I*', que date le pou-

(I) Le grand écuyer, en 1399 grand maître de l'écurie, SOUS Charles VIII, grand-écuyer (Tanneguy du Chàtel fut ainsi qualifié) , grand-écuyer de France SOUS Louis XI (Alain Guyon ainsi qualifié, en I440).

{9.) Du Tillet, page 240.

(3) tbid., page 240.

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voir de cette famille des Guises, qui devait être si funeste à la France. La destinée de François !•' était de réunir dans sa cour les principes de tous les maux que la France devait éprouver longtemps après lui.

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