‹ Œuvres du comte P. L. Rœderer (volume 4)Chapitre 121 sur 359 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Complément de Torganisation de la cour par les usages et les mœurs qui s'y établissent. Origine de la galanterie. Éléments dont elle se compose.

Ce chapitre est presque tout de raisonnement. Je dois en prévenir ceux de mes lecteurs qui n'admettent dans Thistoire que des faits prouvés par des chartes, ou, tout au plus, les observations fondées sur de graves autorités. Des femmes formées à l'incontinence y ont été le premier lien de la cour voluptueuse de François !•'. Nous avons vu sa jeunesse se passer entre les filles d'honneur de la duchesse d'Angouléme, sa mère, qui, par elles, le dominait; par elle9, lui faisait un parti contre la cour de Louis XII et d'Aune de Bretagne; et par elles lui apprenait, aussi, le moyen de gouverner lui-même.

Ces filles d'honneur étaient en grand nombre. Au commencement du règne de François !•', elles se divisèrent en deux parties, Vune appelée la grande bande, et l'autre, la petite bande {{). La grande bande était livrée aux empressements des courtisans, la petite bande était réservée au roi.

(1) Brantôme.

Cette division établit trois grades entre elles. La grande bande> formait le grade inférieur : c'était le plus nombreux. I^ petite bande, formait un grade supérieur. La maîtresse en titre du roi, et celles de ses fils, et celles du grand cardincd de Lorraine, son second y dit Brantôme, formaient le plus élevé.

Cette gradation produisait l'infaillible effet de tourner vers le roi l'ambition de toutes les filles d'honneur, d'inspirer à la grande bande le désir de s'élever à la petite, et à la petite de monter au rang de maîtresse du roi, ou d'un de ses fils, ou du plus grand et du plus important de sa cour, ou successivement de l'un à l'autre, comme cela est arrivé à Diane de Poitiers.

« Notre liaison avec les femmes, dit Mona tesquieu, est fondée sur les plaisirs des sens, a sur le bonheur d aimer et d'être aimé, et ena core sur le désir de leur plaire, parce que ce a sont des juges très-éclairés sur une partie a des choses qui constituent le mérite périt sonnel. »

Des relations d'un jeune roi avec les femmes de sa cour, il faut retrancher le besoin d'aimer. Du côté du roi , le but de ces relations, c'est le plaisir des sens. Du côté des femmes, c'est principalement la vanité.

Page 1