‹ Œuvres du comte P. L. Rœderer (volume 4)Chapitre 123 sur 359 · DEPUIS FRANÇOIS I · texte numérisé non relu

DEPUIS FRANÇOIS I

chaque jour plus que soi-même (1), en faisant trouver dans la constance ce que la Rochefoucauld appelle les plaisirs d'une perpétuelle inconstance.

Tous ces artifices ne compléteront pas encore Fart de plaire au* prince. Des rivales, exercées aussi dans cet art, peuvent profiter d un moment favorable et d'un heureux hasard. Il faut prévoir de loin cet échec. L'art de plaire, qui a fixé l'attention du prince, doit prendre ses précautions contre l'art de plaire jouant d'un côté opposé pour le distraire. Il faut dérober à une rivale ses avantages, les balancer, les surpasser par d^autres, et enfin, s'il est nécessaire, les déprécier. Osons le dire : l'art de plaire à un jeune roi se compose non-seulement du don de plaire, ou d'un emploi savant et d'une habile imitation des moyens de plaire, mais encore de l'art de nuire à des rivales; car Tart de plaire n'a pas pour objet de plaire un jour, un moment, mais durablement; ni de plaire en concurrence avec une autre, mais plus que toute autre. L'art de nuire, et Pintrigue qu'il suppose, sont donc compris dans Tart de plaire.

L'art de plaire, entendu comme on vient de le dire, s'appelle la galanterie. Nous venons de voir qu'elle se compose di incontinence, de vanité et d'intrigue.

Le président Hénault en a attribué l'invention à Catherine de Médicis. C'est, en effet, de son temps que l'art a commencé. Elle l'a exercé dans ses relations avec son beau-père, mais non dans toute son étendue. Les Châteaubriant et les Pisseleu ont plus contribué qu'elle à la gloire honteuse de cette invention.

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