‹ Œuvres du comte P. L. Rœderer (volume 4)Chapitre 136 sur 359 · DISSOLUTION DE LA COUR · texte numérisé non relu

DISSOLUTION DE LA COUR

eut deGabrielle d'Ëstrées trois enfants; deux de la marquise de Verneuii ; deux filles de Charlotte des Essarts (i).

(I) Les libelles du temps de Henri IV ont donné à 06 prince un nombre incroyable de maîtresses, dont plusieurs sont d'ignobles créatures que la plus basse, crapule pourrait seule avouer. Rejetons loin de nous de pareils témoignages. Malheureusement, la liste des maltresses déclarées de Henri n'est que trop nombreuse. Tenons-nous-en à celles-là. Voici celles dont les Mémoires de Marguerite de Valois et les Mémoires de Sully fournissent les noms, consignés d'ailleurs, mais épars, dans l'histoire de de Thou et dans celle de Péréiixe.

Séparons les mal tresses des temps antérieurs au règne de Henri IV en France, de celles des temps qui ont suivi son élévation au trône. "

Mattresêes de Henri, roi de Navarre, — La première fut madame de Sauve, fille de Jacques de Baune de Semblançai, ce malheureux surintendant que François I'*^ fit pendre comme coupable du divertissement de fonds dont la duchesse d'Angoulème, mère de François I***, s'était emparée. Le mari de madame de Sauve était secrétaire d'Étal. Elle était dame d'atours de Catherine de Médicis. Elle fit au roi de notables intidélités , notamment pour le duc de Guise : mais elle resta toujours attachée à ses intérêts et à sa cause.

Après sa passion pour madame de Sauve, en lô79, Henri devint fort amoureux de Dayelle, Italienne, fille d'honneur de Catherine de Médicis.

Dans la même année, il devint encore plus amoureux de Rebours, fille d'un président de Calais.

Ensuite de Fosseuse , enfant de quatorze ans , fille de Pierre, marquis de Thuri et baron de Fosseuse, de la maison de Montmorency. Elle était jî^ d*honneur de la reine Marguerite, qui nous apprend que Henri respecta quelque temps la jeunesse et l'innocence de Fosseuse , mais qu'en 1 58 1 elle devint mère. Lorsqu'elle accoucha, Henri pria la reine ( étrange confiance! ) d'aller secourir sa fiUe (sous-en tendez d'honneur); la reine y alla, et revint chez elle après la délivrance. Le soir, le roi trouva mauvais qu'elle n'y fût pas retournée. Nous lisons ces détails dans les Mémoires de Marguerite elle-même. Fosseuse fut abandonnée du roi après son accouchement.

Alors, en 1581, commencèrent à Bordeaux ses amours pour Diane, dite to belle Corisande^ veuve du comte de Guiche, Agée de vingt-six ans.

En 1 586, Henri lui porta les drapeaux pris au siège du Catelet. En 1587, après la bataille de Coutras, au lieu de marcher sur Paris et de s'assurer d'une paix glorieuse , il licencia ses troupes pour se rendre près de la comtesse de Guiche. Ayant divorcé avec Marguerite de Valois, il fit à sa maîtresse une promesse de mariage, dont d'Aubigné obtint la révocation. Elle eut un fils de Henri. Ce fils mourut enfant, en 1588.

Henri IV n'était guère respecté, et il était faiblement aimé de son vivant. C'est ce que nous assure Thomme du monde par qui son règne a été le plus étudié et le mieux coimu^

Elle devint grasse, rouge, laide ; le roi l'éloigna de sa cour.

Alors il s'était attaché à la marquise de GuerdiC' ville, mais sans succès ; exemple rare dans la vie de ce prince.

Marie de Beauvilliers, fille du comte de Saint- Aignan , gentilhomme du duc d'Alençon , lui fit oublier les rigueurs de la marquise de Guercheville. En 1 590, à l'époque du siège de Paris, le roi la vit à Tabbaye de Montmartre, où elle venait de prendre le voile; elle avait alors seize ans : il s'éprit de ses charmes, l'enleva, et la conduisit à Senlis.

Malheureusement pour elle, le roi vit à Cœuvres sa cousine germaine, Gabrielle d'Estrées, et se passionna pour cette belle, qui était âgée de dix-neuf ans; il négligea la religieuse, qui retourna à l'abbaye de Montmartre. Quelques années après, en 1597, Henri récompensa la vertu deBAarie de Beauvilliers, en la nommant abbesse de cette maison. Tels furent les amours les plus connus du roi de Navarre.

Maîtresses de Henri IV, roi de France. — Ce fut en 1590 que Henri vit pour la première fois Gabrielle d'Estrées au château de Cœuvres, chez son père Antoine d'Estrées. Elle aimait le duc de Bellegarde, et se prêta peu, d'abord, aux avance^ du roi. Mais il la maria à un gentilhomme picard pour la soustraire à son père, ayant soin, dit Sully, d'empêcher la consommation du mariage, qui fut ensuite dissous pour cause d'impuissance du côté du mari, qui avaU quatorze enfants d'une première femme.

Le roi la fit duchesse de Beaufort; il voulait l'épouser. Il a eu d'elle trois enfants, César et Alexandre de Vendôme, et Catherine-Henriette, qui épousa le duc d'Elbeuf.

A Gabrielle d'Estrées succéda Catherine-Henriette de Balzac d'Entragues, marquise de Verneuii; elle était fille de J. d'Entragues et de Marie Touchet (et non Tronchef), qui avait été maîtresse de Charles IZ. Elle devint la maîtresse de Henri IV, qui lui fit une promesse de mariage , ce qui ne l'empêcha pas d'épouser Marie de Médicis. Furieuse , elle se ligua avec le roi d'Espagne pour détrôner son amant. La conspiration fut découverte : mais la marquise rentra en grâce , et fut, enfin, supplantée par la princesse de Condé.

Dans l'intervalle vint la Bourdaisicre ( Marie Babou), comtesse d'Êtange, de la famille desBabou, fille d'honneur de la reine Louise, veuve de Henri 10. Bassompierre dit qu'elle fut un moment aimée de Henri FV, et épousa le vicomte d'Êtange en 1602. Henri IV lui avait, aussi, promis de l'épouser.

Jacqueline de Beuil , comtesse de Bourbon-Moret , succéda à la BoUrdaisièrc. Elle eut de Henri IV An*

DE HENRI tV.

qui en a le plus soigneusement recueilli les circonstances honorables, et qui a placé, sur la gloire de ce prince, le fonds le plus considérable dé la sienne ; je parle de Voltaire, « Ne dissimulons rien, écrivait-il en 1776 au baron de Faugère, Henri IV était hai et peu respecté, h Il est vrai que Voltaire trouve, en cela, la nation injuste. Elle ne connaU$ait point alors le mérite, dit-41 ; elle ne le sentait pas. Pourquoi Tavait-elle reconnu dans Louis XII, qu'elle surnomma le Père du peuple?

U est, enfm, remarquable que le héros de la Uenriade, dont la gloire est aujourd'hui audessus de toute atteinte, et qui, parvenu au trône, racheta ses défauts par d'éminentes C[ualités, n'a cependant reçu aucun éloge des écrivains du siècle deLouisXIV, excepté laFontaine, qui, encore, n*a loué que sa clémence.

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