EFFETS DES MOEURS GALANTES, ETC
nité de gens malheureux, qui leur procurent cent mille livres de rente.
« On se plaint, eu Perse, de ce que le royaume est gouverné par deux ou trois femmes : c'est bien pis en France» où les femmes en général gouvernent, et non-^seulement prennent en gros, mais même se partagent en détail toute Tautorité» »
« La vie de la cour, dit la Bruyère, est un jeu sérieux, mélancolique, qui applique. Il faut arranger ses pièce» et ses batteries, avoir un dessein, le suivre, parer celui de son adversaire, hasarder quelquefois et jouer de caprice ; et après toutes ses rêveries et ses mesures, on est échec, quelquefois mat; souvent, avec des pions qu'on ménage bien, on va à dame, et l'on gagne la partie (i). x>
Duclos a dit que le Français éiaii bientôt fa^ iigué dé l'intrigue. En effet, le Francis ne soutenait pas longtemps unamôme intrigue d'affaires, parce que les femmes, qui en étaient la principale agence, se rebutent aisément des difficultés; et parce que, Pintrigue d'ambition étant d'ordinaire compliquée avec l'intrigue galante, elles étaient l'une t>our Fautre objet de distraction et moyen de consolation. Mais st le Français, du temps de Duclos, était bientôt fatigué d'une même iiftrigue,*on peut dire qu'il en recommençait souvent de nouvelles.
Ce n'est pas seulement à la cour que régnait l'esprit d'intrigue. Il était répandu dans toute la France, il y en avait dans toutes les condi*» tions : je ne veux pourtant pas dire que ce fût le caractère français , mais celui du bon nombre des Français qui avaient l'ambition de s'a^ vancer dans les places dont le gouvernement disposait, et celui de la plupart des femmes qui s'intéressaient à eux. Ces femmes avaient même la grande part du travail de l'intrigue ; elles y figuraient par un double commerce de galanterie; l'un avec l'ami qu'elles proté^ geaient, l'autre avec le protecteur qu'elles aollicitaieut. « Typhon, dit la Bruyère, fournit un grand... de chiens et de chevaux. Que né lui fournit-il point? »
Si l'on en croit MeUhan, il n'est presque point d'élévatiotut dans les monarchies dont on 0&6A révéler tous les moyens. L'or était un de ceux d'où procédaient les petites élévations qui I I ' ' .-.Il
(1) Ch. viH, de la^ur.
partaient de bas; les femmes étaient le moyen des hautes fortunes* U fallait qu*il en fût ainsi dans un pays où le monarque et les princes avaient des maîtresses avouées^ .où tous les grands avaient un hôtel pour la décence, et une petite maison pour le plaisir; où tout homme de quelque importance était -en di^ vorce de fait avec sa femme, et ne se montrait qu'avec sa maltresse.