‹ Œuvres du comte P. L. Rœderer (volume 4)Chapitre 174 sur 359 · OPINION DE MONTESQUIEU · texte numérisé non relu

OPINION DE MONTESQUIEU

peuple. Elle a ajouté son oppression à celle de la cour^ son arbitraire à celui de la royauté.

Il est pourtant vrai que les grands^ en 1787 et 1789^ se sont émus pour la cause populaire. Alors*^ ils avaient tari la source où ils ne cessaient de puiser/ ou plutôt, qui s'était libéralement épanchée sur eux depuis deux siècles; alors ^ ils avaient réduit la cour à Paltenmtive d'accroître les impôts^ ou de mettre un terme aux abus dont ils vivaient. A l'approche de cette crise^ ils levèrent les premiers Tétendard de la révolte. Il est triste^ mais il est vrai de dire que le tiers état fut moins entraîné par la souffrance publique que par condescendance pour les clameurs des grands^ et que, dans les premiers élans de la nation vers la liberté, il y eut quelque complaisance pour eux.

Peut-on regarder ce nMHivement précurseur du renversement total , cette convulsion de Hntérét personnel désappointé par ses propres excès^ comme une preuve de l'existence d'une puissance intermédiaire et médiatrice? Le sentiment de rhonneur contraignait à tempérer le pouvoir du prince sur le peuple^ et à prévenir la réaction populaire sur le pouvoir. Si cette puissance et ce mobile, doublement tutéiaires, avaient existé réellement, s'ils avaient résidé dans la constitution politique de l'État, comment n'auraient-ils pas empêché les désordres qui ont rendu une révolution inévitable? comment les grands auraient-ils concouru à la précipiter et à la signaler?

Quelques mots de VEuprit des lois, mal interprétés par Fergusson, dans son Histoire de la^ société civile, ouvrage consulté par Robertson^ imraissent avoir servi de fondement à sa Uiéorie du gouvernement français. Mais c'est en parler trop longtemps. Voyons Montesquieu.

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