‹ Œuvres du comte P. L. Rœderer (volume 4)Chapitre 18 sur 359 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

« rompirent à h fois Vordonnance du roU ra- «t menmt dam te ptatpays les compagnies et û abandonvuMt les frontières...

a Le roi employa la négociation pour désu- « nir cette cabale... Les conjurée refusèrent de « traiter... Le roi fut obligé de marcher coiv- « tre eux... Cette e^)èce de guwre fut nomci niée la Praffuerie (4). »

On sait que lé Dauphin resta dans la réTohe tant que vécut son père, et avec lui ime partie de la cour.

Les causes de cette révolte n'étaient pas moins odieuses que la révolte n'était crimir neUe.

L'établis^ment des tailles générales et p«^ manentes pour le payement de l'armée royale entraînait Tabolition des tailles seigneuriales^ c'est-à-dire privait les seigneurs des moyens d'entretenir des troupes, et de s'unir pour fttire la guerre au roi. Leur force s'évanouissait donc devant celle que la nation av'ait donnée au monarque, et qu'elle s'engageait à enlretenir par le renouvcÂement et le complètement continuel des troupes.

D'un autre côté, les capitaines regardaient comme une odieuse spoliation de leur patrimoine l'empêchement apporté à la spoliation qu'ils exerçaient sur le peuple. En effet, le pillage était l'unique moyen d'existence qu'eussent la chevalerie bachelière et la noblesse sans seigneurie, qui, quelque temps après l'institution de la chevalerie primitive, avait commencé à £aire un corps et à prendre un nom. Ainsi les plus puissants intérêts des seigneurs, des chevaliers et nobles de ce tempslà, s^élevaient contre le pouvoir royal et contre le roi; ils devaient donc être ennemis de sa personne, et intraitables sur ses réformes (2).

Ces circonstances ne suffiraient-elles pas pour prouver clairement que Tartnée qui chassa les Anglais n'était et ne pouvait être

(1) Boul^invilUers, Histoire dt Vanàen gouvernement de la France, t. 111, p. 93 et suivantes. ' (2) Pour se faire une idée du brigandage de ces temps-là, et delà noblesse qui Texerçait, il fout lire redit ou pragmatique de Charles Yll, donné Fan 1439, le 3 octobre, pour obvier auxpiUeries et vexations des gens de guerre. On le trouve dans le treizième volume des Ordonnances du Louvre, sous le titre de Lettres de Charles VJI, quoique ce prince le qualifie luimême, dans le préambule, d'édict ou pragmatique. Cette loi a été rendue sur les relnonlrances des trdis états, de présent assemblés à Orléans. Elle est remar-

quable par tous les faits qu'elle rapporte, plus que par les défenses qui s'y appliquent

D'abord, l'article premier rapporte que « grand multltude de capitaines se sont mis sus de Uur autorité, et ont assemblé grand nombre de gens d'armes sans congé et licence du roi... » Le roi leur défend de plus porter le nom de capitaines; il se réserve d'en nommer un certain nombre.

Le roi défend « qu'aucun ne soit si osé ne si hardi d'élever et mener une troupe sans lettres du roi , et défend à toute personne de se ranger en compagnie d'autres capitaines que ceux qui seront esleus par te roi. »

A qui s'adressent ces défenses? Est-ce à des aventuriers étrangers, à des aventuriers français? Peutêtre ; mais c'est certainement aussi à des seigneurs et nobles français. En effet, la peine prononcée contre les contrevenants est d'être privés à toojouts, eux et leur postérité , des droits et prérogatives de noblesse. Les articles 6 et 16 nous apprennent que ces capitaines et gens de guerre pillaient, robaient, détroussaient, faisaient rober, piller et détrousser gens d* Église, nobles ^marchands, laboureurs , mr les grands chemins, dans leurs habitations; qu'ils les emprisonnaient, pour les rançonner ensuite; qu'ils battaient l'estrade pour trouver l'occasion de faire ce^ expéditions. Et l'article leur défend de continuer , à peine d'encourir crime de lèse-majesté, c'est à savoir d'être privés et déboutés, eux et leur postérité, de tous honneurs publics et de tous droits,, et pREMiàRBMEnT dk

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