‹ Œuvres du comte P. L. Rœderer (volume 4)Chapitre 180 sur 359 · CONSÉQUENCES HISTORIQUES · texte numérisé non relu

CONSÉQUENCES HISTORIQUES

tant (le sûreté et de solidité, qu'elle promet de facilité et d'agrément.

Après avoir contemplé le système de cour qui prit naissance sous François !•' pour l'établissement d'une royauté toute-puissante, après avoir vu ouverte pour cet effet, au sein de la nation, une source de vices qui y prit son cours avec rapidité, on remarque avec surprise des révoltes et des guerres civiles naître en même temps de l'ambition de ces courtisaus auxquels la royauté croyait avoir donné des chaînes puissantes par leur douceur, je parle de la Ligue et de la Fronde (1); et, plus tard, naître de ces guerres civiles ce fond de mépris, et cette suite de griefs qui, en 1789, éclata contre les grands et le roi, causa la mort de Louis Xyi, et amena la plus sanglante tyrannie sous le nom de république.

Le premier qui, à Taide d'un faible levier, souleva un énorme fardeau auquel il n'osait mesurer sa force, dut être ravi de cette découverte, et prendre une haute idée de son génie et de sa puissance. De môme, quand François !•' éprouva la facilité de tout mouvoir et de tout contenir d'un regard, autour de lui et loin de lui, dans l'étendue d'un vaste empire, il dut croire que son prodigieux esprit avait découvert le secret merveilleux de régner sans peine, sans soin, sans savoir, et avec une sûreté hors de toute atteinte.

Malheureusement, le levier, le point d'appui sur lequel il posait, le fardeau qu'il avait à soulever, n'étaient pas d'une substance qui se soumît aux lois de la mécanique. Ce levier, c'était le goût du plaisir; le point d'appui, c'étaient la mollesse, la vanité et la cupidité des courtisans; et le fardeau à soutenir, c'était l'autorité royale contre les hautes ambitions et l'indomptable orgueil de quelques grands, doués de la double puissance de l'esprit et du caractère. Ceux-ci eurent bientôt mis le levier en bascule, et ils ballottèrent, en se jouant, les successeurs de François !•% qui avait cru en armer la puissance royale.

De jeunes rois, comme étaient les derniers

(1) J'ai ébauché Thistoire vraie des guerres dites de religion jusqu'à la description de la Saint-Barthélémy, à 1% suite de mes drames historiques.

(Voyez au 1**" volume de cette collection).

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