‹ Œuvres du comte P. L. Rœderer (volume 4)Chapitre 194 sur 359 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

des mœurs riantes dans la nation^ et que c'est une des lois du mouvement, en politique et en morale^ d'amener^ à la suite d'une longue période de dissolution , une période de réserve afTectée^ et de pruderie. Soit inconstance naturelle et besoin de nouveauté, soit réaction du présent^ toujours en révolte contre un passé dominateur^ les contraires se succèdent sans cesse dans les sentiments et dans les opinions de la partie désœuvrée de la nation française. Les dernières amours de Henri IV» à cinquante-six ans; sa malheureuse passion pour Charlotte de Montmorency, qu'il avait mariée au prince de Condé; les jalousies de Marie de Médicis ; les intrigues de sa cour contre les maltresses du roi ; le souvenir d'une guerre qu'on avait vue prête à s'allumer contre la maison d'Autriche pour ravoir la princesse de Condé^que son mari avait conduite à Bruxelles^ dans la vue de la soustraire aux poursuites du roi : tout cela avait inspiré à toutes les âmes délicates un profond d^oût pour cette scandaleuse dfssolution dont la cour et la capitale offraient le spectacle, et les avait disposées à favorablement accueillir la continuation de VAêtrée. On devait se plaire à la peinture d'amours dégagées d*unérotisme grossier, accueil* lir même l'exagération des plaisirs attachés à des conununications purement intellectuelles et morales.

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