‹ Œuvres du comte P. L. Rœderer (volume 4)Chapitre 203 sur 359 · CHAPITRE VU · texte numérisé non relu

CHAPITRE VU

c est avenue sa marâtre ; et qu'un citoyen est « toujours obligé à sa patrie, voire à son ingrate a patrie ; et qui i^a traité en ennemi. »

Plus loin, il montre le consul romain à la tête de Tannée : a Ck)nsidérez comme il la con- € duit avec les yeux. Un signe de sa tête tient <x tout le monde en devoir. Tous ses mouve- € ments sont accompagnés de quelque vertu « qui le fait aimer. Il serait difficile de dire s'il « est plus nécessaire à la république qu'a- « gréable aux citoyens. Il commande bien, mais « il lui sied bien de commander; il a le comc mandement si beau, qu^il y a presse, ambi- « tion, volupté sensible à lui obéir. Par ce € charme, les soldais ne s'attachent pas seule- « ment à lui, mais ils se détachent de tout le « reste. Us ne se soucient ni de paye, ni de « butin, ni de récompense ; ils ne songent ni c aux fêtes de Rome, ni aux délices d'Italie ; c ils ne veulent, ils ne demandent que le gé- < néral; ils appréhendent la fin de la guerre , € de peur de le perdre à la paix ; ils murmurent c contre le sénat qui le rappelle, et ne se peu- € vent consoler de la victoire qui leur ravit le € victorieux.

« Le respect qu'on lui porte n'est pas moins a puissant que l'amour; il Test plu| que le « droit tle vie et de mort. Qu'on ne pense pas (x que ce soient les lois de la guerre, et les ora donnances militaires, qui empêchent les solm dats de faire des fautes. Quand ils ont mante que, ils craignent plus qu'il le sache, qu'ils « ne craignent qu'on les châtie. L'appréhension a de lui déplaire était la seule chose que craia gnait l'armée romaine; Jamais les soldats ne a méprisèrent autant l'ennemi, et ne redoutent rent si fort leurs chefs; jamais ne furent, tout « ensemble, si fiers et si dociles, ne se débora dèrent avec tant d'impétuosité à la cam- « pagne, et ne reprirent leur place dans le « camp avec moins d'apparence d'en être sorm tis. Après avoir fait des miracles de courage, « ces gens-là venaient savoir s'ils avaient bien a fait ou non; ils venaient rendre compte de « -la victoire de laquelle il fallait quelquefois se a Justifier, et laqueHe était quelquefois punie.

a Vous prétendez, madame, que je vous 0 parle de cette autorité inhérente à la per- « sonne, distincte de celle qui naît du pouvoir a donné par la république, et que je vous en o die quelque chose qui n'ait jamais été dite.

a C'est une certaine lumière de gloire, et un a certain caractère de grandeur, que la vertu « héroïque imprimée sur le visage des hommes; a elles défendent la solitude et la nudité d'une a personne exposée aux outrages de la fo^ a tune, accabla sous les ruines d'un parti déor truit, abandonnée de ses propres vœux et de or sa propre espérance. Ce caractère rend ina violable à des ennemis irrités, lie les mains a à des traîtres. C'est ce caractère qui crie : a Qui es-tu , malheureux , qui oses mettre la a main sur Caîus Marins? L'autorité de ceca- « ractèré survit à ceUe du pouvoir; elle secona serve dans les ruines de la puissance, elle a rend l'affliction sainte et vénérable. N'est- « ce pas une chose bien plus noble que Tindi- <i gne prospérité des heureux? » Plusieurs traits viennent à la suite de ceux-là, qui n'ont pas été dédaignés par Montesquieu, lorsqu'il a composé ses Causes de la grandeur et de la décadence des Romains.

La seconde lettre dç Balzac est intitulée Suite d'un entretien de vive voix, ou de la Conversation des Romains, à madame la marquise de Rambouillet. L'auteur annonce, au début, qu'il y reprend ce qui a déjà été dit entre enx, pour en faire un tout avec ce qu'il va ajouter. « La gloire et les triomphes de Rome, lui dit « Fauteur, ne suffisent pas à votre curiosité; a elle me demande quelque chose de pluspa^ « ticulier et de moins connu : après avoir va « les Romains en cérémonie, vous lesvoua driez voir en conversation et dans la vie coma mune... Je croyais en être quitte pour vous « avoir choisi des livres, et Inarqué les endroits « qui pouvaient satisfaire votre curiosité; mais a vous prétendez que j'ajoute aux livres... L* a volupté qui monte plus haut que les sens, a cette volupté toute chaste et tout innocente, a qui agit sur Tâme sans l'altérer, et la remoB a ou avec tant de douceur qu'elle ne la '»" a point sortir de sa place, ou avec tant da- « dresse qu'elle la met en une meilleure, cette « volupté, madame, n'a pas été une passion « indigne de vos Romains. Scipion et Lîbuus a en ont usé sans scrupule; Auguste et ses à amis ont été de ces honnêtes voluptueux. a Auguste fut la fin du bon temps, Scipion en a fut -la fleur.

a Le sénat et la campagne, les affaires civi- « les, et les actions militaires, avaient leur

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