‹ Œuvres du comte P. L. Rœderer (volume 4)Chapitre 206 sur 359 · CHAPITRE Vni · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vni

tait pas noble^ élevée; de celles qui se prêtent le mieux à la conversation ^ qui y fournissent et en reçoivent davantage? N'était-elle pas de celles qui donnent à Tesprit le plus d'étendue et de lumières^ qui s*allient le plus naturellement et le plus étroitement aux qualités morales^ au perfectionnettient de la raison^ au sentiment du beau et du grande à la délicatesse du goût, et se prêtent te mieux aux plaisirs d'une imagination sage et réglée?

Au reste, ces.conversations particulières de la marquise n'étaient pas les conversations générales et habituelles de sa société tout entière.

Je crois , comme les censeurs de Phôtel de Rambouillet, que les entretiens et les correspondances roulaient, la plupart du temps, sur la valeur d'un mot; mais elles ne m'en semblent pas plus méprisables. Mademoiselle de Rambouillet et Voiture eurent plusieurs conversations, et s'écrivirent deux lettres assez longues sur le mot car, dont plusieurs membres de l'Académie demandaient la suppression et la radiation dans le Dictionnaire. Eh bien, ces lettres judicieuses et spirituelles ont sauvé un mot nécessaire; nécessaire, dis-je, car on l'emploie à tout moment.

En tout temps, il vaut mieux, dans le monde, parler des mots que des personnes. La langue y gagne, la société aussi. La passion du bon langage doit être une passion nationale.

Le maréchal de Beauvau, le chevalier de Boufflers, son neveu , à qui l'on ne reproche pas^ sans doute, la pédanterie ni la préciosité, ne laissaient jamais passer, dans leur société, une faute contre la langue, ni une locution douteuse, sans les relever.

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