‹ Œuvres du comte P. L. Rœderer (volume 4)Chapitre 208 sur 359 · CHAPITRE Vin · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vin

contes de la Fontaine, ensuite celle de Molière. Toutes ces naïvetés-là ont changé de nuanœ jusqu'à Voltaire, qui fut libre, leste et gai. mais avec une retenue dont la société de madame du Châtelet lui avait fait sentirla conv^ nance. Aujourd'hui , Voltaire , lui-même, nous dirait que Brantôme êl Rabelais furent salfê et orduriers; Montaigne, quelquefois obscène; la Fontaine, licencieux dans ses contes; Molière, indécent ei grossier dans plusieurs de ses comédies. Voltaire, dans son Commentaire sur Corneille, a relevé comme grossier, un mot employé par l'auteur dans une épigramme contre Scudéry, qui , à la suite de quelques débats à l'occasion de la critique du Qdy VdKÛ appelé en dueh Corneille termine son épigramme par un vers qui envoie le ferraillew Scudéry en un lieu qui rime à duel et à cartel... Ce mot, dit Voltaire, est d'une grossie reté insupportable. Boileau, l'ayant employé depuis en parlant des vers pleins de sel de Régnier, se hâta de le remplacer par ceux-ci :

Heureux si ses discours, craints du chaste lecteur, Ne se sentaient des lieux où fréquentait l'aulear!

Ne nous étonnons pas d'être plus polis que nos pèreà du seizième siècle. Ils l'étaient, eux, beaucoup plus que les peuples anciens les plus civilisés. Ce que nous entendons aujourd'hui par décence dans le langage, était inconnu aui Grecs et aux Romains (1).

(1) Sans parler d'une multitude de vers répand"* dans les odes d'Horace et dans les satires, comme o^ lui-ci :

Nam fuit ante Helenam cunnus leterrima bclli Causa;

le chant séculaire (carmen seculare), ouvragp solennel, hymne national , renferme des expressions dont la propriété et la spécialité, relevées pour les Romain^* par les sentiments d*un patriotisme religieux, seraien pour nous insupportables. C'est quaud Je poète invoque Lucine pour les femmes enceintes qui ponf^ dans leur sein les espérances de Rome, et la conju de favoriser leur accouchement. Il se sert de ces paroles :

Rite maturos aperire parlas.

La poésie n'était pas seule naïve à Rome; la scu/pt" i la peinture ne l'étaient pas moins. Toutes ^^^!^ nés qui ont été à Naplesont vu, dans 1^ '""^ ^^„ brées de Pompéia, l'enseigne parlante d'une mau

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