CHAPITRE XIII
bes équipages^ habits magnifiques, bannières et devises galantes y tout concourait à rendre en<dianteresse cette cour voluptueuse et splendide.
La reine et le cardinal, au milieu de Fenn vrement général, ne négligeaient pas de diriger l'esprit et les premières affections du jeune roi. Ils prirent à tâche de le prémunir contre les favoris^ et de décider son inclinaticm pour quelque maltresse qui augmentât leur crédit. L'inclination naturelle de la reine la portait à la galanterie; elle aimait les fêtes propres à Texalter. Soit qu'elle voulût éveiller les passions du jeune roi, soit qu'elle vouh'kt satisfaire son propre penchant^ et, peut-être^ faciliter son commerce avec Mazarin^ qui^ dans les règles d'une bienséance sévère^ aurait pu paraître trop intime, elle autorisa dans les bals de la cour une liberté dont s'étonnaient les personnes habituées au sérieux et au cérémonial rigide qui avaient régné à la cour de Louis XIIL C'est nnadame de Motteville qui fait cette remarque. La reine mère trouvait bon que le jeune i"oi fréquentât la maison de la comtesse deSoissons^ sachant bien que Marie Mancini^ la plus jeune des trois sœurs, attirait son attention, mais persuadée qu'il n'aurait jamais la pensée d'épouser cette étrangère, et que sa société serait pour lui un amusement^ sans autre conséquence possible que Je déshonneur d'une bourgeoise italienne. Elle fut détrompée de cette opinion^ quand elle se vit négligée par Mazarin ; elle jugea des vues et des espérances du cardinal, par son refroidissement : c'était, à ses yeux , un indice certain des progrès de la séduction exercée par Marie Mancini sur le jeune monarque. Enfin , Mazarin osa proposer sa nièce à la reine^ qui rejeta sa proposition avec hauteur.
Les UKBurs de la capitale ne pouvaient pas être plus régulières que celles de la cour. Le débordement était général. Il est peint dans les Conséquences du règne de François /•' : je n'y reviendrai pas. Ici, il s'agit des moeurs d'exception de la société dite des précieuses.