‹ Œuvres du comte P. L. Rœderer (volume 4)Chapitre 223 sur 359 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

Suite de la sixième période ; de 1650 à 1660. — So« ciétés d*élite qui prennent la place de lliôtel de Rambouillet.

Je reprends ce qui est dit plus haut : Après 1645, quand la société de Rambouillet conunença à se dissoudre, comme nous l'avons vu, il s'en forma de nouvelles de l'élite des personnes qui la composaient; il s'en forma de son rebut ; il s*en forma de mêlées; il s'en forma, même, des partis opposés de la cour et de la ville. Le mouvement était donné à l'esprit social; la conversation était devenue le besoin général ; il fallait à tout prix le satisfaire : ce besoin, comme nous l'avons dit, re-* montait à des causes plus andennes et plus puissantes que Thôtel de Rambouillet, qui, lui-même, leur dut son origine et ses progrès, et ne fit qu'en favoriser le développement et réclat.

Parlons, d'abord, des sociétés qui se formèrent des personnes d'élite; parcourons l'état de ces sociétés; commençons par voir à quoi se réduisait la famille de la marquise de Rambouillet, depuis l'absence de la duchesse de Montausier. J'ai omis, par inadvertance , de parler de la plus jeune sœur de la duchesse , Angélique-Glaire d'Angennes, mariée, en 4658^ au comte de Grignan, le même qui, après un second mariage, épousa en troisièmes noces, en 1669, mademoiselle deSévigné, avec qui sa mère lia cette correspondance, si charmante, qui est entre les mains de tout le monde. Nous connaissons, très-bien, ce comte de Grignan, par les lettres de madame de Sévigné à sa fille. C'était un homme de qualité , un honrnie d'esprit, de belle figure, un homme de cour, mais non un de ces courtisans de profession , qui, bornant leur ambition à obtenir une parole ou un regard du prince, se pftmaient de joie en s'entendant nommer pour un voyage de Marly ou de Fontainebleau. C'était un homme de cour, ambitieux de grandes places et de grandes occasions de paraître ou de sei*vir; au reste, fort dépensier, et propre à faire un magnifique seigneur; aussi opposé, par son bril-t tant et par sa jeunesse , à la préciosité, que le duc de Montausier, par la rigidité de son esprit et de son caractère. Les maris que la

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