‹ Œuvres du comte P. L. Rœderer (volume 4)Chapitre 244 sur 359 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

ObservalioDS générales sur les six premières périodes du dix*septième siècle.

A la période précédente, qui comprend les dix années de 1650 à 1660, va succéder un nouvel ordre de choses dans l'État , dans les mœurs, dans les lettres. En 1661, Louis XIV, délivré du cardinal Mazarin, se mit en tête de régner par lui-même; il avait vingt-trois ans; il était marié. Il lui manquait d'être roi de fait ; il le ftit. Il étendit à tous les intérêts publics son attention, son pouvoir et son influence. Il rétendit, même, à toutes les vanités et à tous les plaisirs qui peuvent entrer dans l'existence d'une nation. Son règne n'autorisa pas à nommer le dix-septième siècle : le siècle de Louis XI F, car ce siècle était déjà illustre avant Louis XIV; mais il en augmenta l'éclat et la grandeur.

Avant d'entrer dans ce brillant avenir, je crois à propos de dire, avec quelque précision, quel était, en 1660, l'état de la langue et de la littérature françaises.

Il résulte, je crois, de ce qui précède, qu'on peut regarder la révolution opérée dans la langue, comme l'ouvrage de deux sociétés distinctes qui se partageaient la société générale des femmes honnêtes.

Je vois y concourir pêle-mêle^ qu'on mo passe cette expression, la société dite des précieuses, et séparément la société choisie. Je parlerai, d'abord, du concours général.

Laissant, donc, à part, la distinction des précieuses de bon et de mauvais goût, des précieuses de mœurs chastes et délicates , et des

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