AGNÈS
Oh tant ! il me prenait et les mains et les bras. Et de me les haisef il n*était jamais las. — Ne vous a-t-il point pris, Agnès, quelque autre chose ? Ouf! — Hé! il m'a... — Quoi ? — Pris... —Hé! — Le... [—Plalt-il? — Je n'ose; Et vous vous fâcherez peutrétre contre moi.
— Non.— Si fait.— Mon Dieu, non.— Jurez donc votre —Ma foi, soit.— 11 m'a pris... Vous serez en colère, [foi. Qu'est-ce qu'il vous a pris?— II... — Je souffre en dam-
— Il m'a pris le ruban que vous m'aviez donné, [né.
On conçoit difHcilement , aujourd'hui, que l'interrogatoire qu'on vient de lire ait passé à la représentation. Gela fut reçu avec de grands applaudissements par une partie des spectateurs, et excita de la rumeur dans Tautre. Dans le monde, on en parla diversement, suivant les habitudes de chaque société.
Dans ce conflit, peu étonnant, de diverses opinions, Boileau se déclare aussitôt le défenseur de la pièce, par des stances adressées à Molière : il la loue sans restriction, et en déprime tous les censeurs sans exception. Ce service d'ami se conçoit. Ce qui le rend plus compréhensible, c'est que la cour donna hautement son approbation à la pièce : la cour, dis-je, toute la cour. Madame en accepta la dédicace. Le roi la fit jouer dans un divertissement qu'il donna à la reine et à sa mère, devenue dévote, depuis que Mazarin s'était refroidi pour elle.
On lit, dans la Muse historique de Loret, ces vers :
Le roi festoya l'autre jour I^ plus fine fleur de sa cour,