‹ Œuvres du comte P. L. Rœderer (volume 4)Chapitre 257 sur 359 · CHAPITRE XIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX

Année lA6i (suite de la septième période). — Caractère moral du quatrumvirat de Molière, la Fontaine, Racine, et Boileau.

Le roi était tout-puissant sur la nation par sa gloire, par le noble usage qu'il faisait de sa gloire même : Molière était tout-puissant près du roi, par le plaisir qu'il donnait à la cour, par la louange , par le concert de louanges que Racine et Boileau, ses jeunes amis, guidés par ses conseils et son exemple, prodiguaient à l'envi au monarque. Racine, en 1664, dans la Renommée aux mmes, Boileau, en 1665, dans son Discours au roi^ avaient porté l'art de louer au plus haut degré.

Cette réunion de quatre grands poètes, leur concert pour favoriser les mœurs de la cour, célébrer les maîtresses , exalter, sous le nom de magnificence royale , des profusions ruineuses, étaient au grand préjudice des mœurs générales. On faisait tomber des ridicules, mais on les immolait au vice; et l'honnêteté des femmes était traitée d'hypocrisie, comme si le désordre eût été une règle sans exception. Cependant, il m'est impossible de passer sur ces noms illustres en n'y laissant que du blâme, comme si rien n'eût racheté les fautes où ils ont été entraînés; et j'encoucrais, moi, plus que le blâme public , si aucun hommage ne rachetait la témérité de ma censure.

Molière, la Fontaine, Boileau et Racine, furent des courtisans, sans doute; mais il y a des courtisans de plus d'un genre.

On peut distinguer dans les courtisans, com> me dans toutes les classes de la société, l'élite, le vulgaire, et la lie.

La lie se compose de ceux qui, nés avec un instinct de bassesse, sont toujours courtisans par nécessité, le sont en tout, toujours, à tout prix.

Le vulgaire des courtisans comprend les

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