‹ Œuvres du comte P. L. Rœderer (volume 4)Chapitre 306 sur 359 · CHAPITRE XXXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXI

Année 1674 (suite de la huitième période). — Inquié* tudes jalouses de madame de Montespan. — I>es enfants légitimés sont présentés à la reine. — Le roi est même enchanté du duc du Maine. — Il donne • 100,000 fr. à madame Scarron. — Mauvais procédés de la marquise de Montespan envers madame Scarron. — Embarras du roi. — A la fin de l'année, nouveau don de 100,000 fr. à madame Scarron.

Cette année commença par une révolution dans le service de la maison de la reine.

(I) Mém,, t. Xr, p. 216.

Madame de Montespan croyant avoir moins à craindre les infidélités du roi en composant le service de la reine de dames d'honneur au lieu de filles d'h^mneur^ avait pressé le renvoi de celles-ci et la nomination des dames.

Le i" de Tan , madame de Se vigne écrit à sa fille : (c On a fait cinq dames : mesdames «de Soubise^ de Chevreuse, la princesse « d'Harcourt^ madame d^Albret^ madame de a Rochefort , et madame de Richelieu ^ dame a d'honneur. »

Madame de Montespan ne considérait pas qu'en donnant au roi un enfant chaque année, elle l'avait habitué aux dames, et avait autant à craindre de leur concurrence que de celle des filles d'honneur. L'événement le prouva : car madame de Soubise ne tarda pas à lier avec le roi«.un6 intrigue qui dura quelque temps. Madame de Montespan ne considérait pas non plus que cet acte de domination et de jalousie tournerait contre elle dans l'esprit du roi, lorsqu'elle aurait perdu ce qui lui restait d'empire sur ce prince.

Madame Scarron faisait toujours plus remarquer sa douceur, son aménité, son respect, à mestu*e que madame de Montespan se montrait plus impérieuse : elle gagnait en proportion de ce que celle-ci perdait.

Malgré la légitimation des petits princes, on ne les montrait point encore. Madame de Sévigné écrivait à sa fille, dans sa lettre du !•' de l'an : a On ne voit point encore ces a princes; l'aîné a été trois jours avec père et a mère. Il est joli, mais personne ne Ta vu. On (( voit un peu madame Scarron. »

Dans une lettre du 5 , elle dit : « On a vu a sourdement M. le duc du Maine, mais non « pas en<iore chez la reine. Il était en cara rosse, et ne voit que père et mère seule- « ment. »

Quelle ofTense se préparait à la reine ! être obligée de recevoir comme princes de la maison royale les fruits des infidélités du roi! Toutes ces choses profitaient à madame Scarron, qui ne cessait de blâmer le commerce du roi avec madame de Montespan , et dont le blâme, agréable à la reine, n'était pas sans quelque intelligence avec la conscience du roi.

Le 8 janvier, madame de Sévigné écrivait : (( Ou ne voit point encore les nouveaux prince ces. U y en a à Saint-Germain, mais ils n'ont

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