‹ Œuvres du comte P. L. Rœderer (volume 4)Chapitre 316 sur 359 · CHAPITRE XXXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXII

« devenir des peines par leur multiplicité : « tout était prêt. Il arrive un coup de massue a qui rabaisse la joie. » (La mort de M. de Turenne), « Le peuple dit que c'est à cause de a Quantova {madame de Montespan), L^atta- « cheroent est toujours extrême. On en fait a assez pour fâcher le curé et tout le monde^ « ety peut-être, pas assez pour elle; car dans « son triomphe extérieur il y a un fond de < tristesse. »

7 août 1675. « Toutes les dames de la reine « sont précisément celles qui font la compagnie « de madame de Montespan. On y joue tour à a tour ; on y mange; il y a des concerts tous « les soirs. Rien n'est caché, rien n'est secret; « les promenades en triomphe : cet air déplai- « rait encore plus à une femme qui serait un « peu jalouse; mais tout le monde est conc tent. »

La suite de cette lettre se rapporte à la situation de mesdames de Montespan et de Maintenon à l'égard Tune de Tautre. Elle dévoile le d€M>ous de carte que la lettre du 24 juillet indique mystérieusement. Ce des§ous de carte est que, malgré les apparences d'amitié qui, aux yeux du public, unissent mesdames de Montespan et de Maintenon, elles se détestent depuis près de deux ans ; a que la première est révola tée de l'orgueil de la seconde, qui veut bien a être au père, point à la mère ; d et qui a bien d'autres torts. Nous avons parlé de cette lettre sous la date de i673, parce qu'elle s'applique à detuc années de mésintelligences, de prétentions d^un côté, de griefs de l'autre... a Ce seo cret, ajoute la lettre, roule sous terre depuis a plus de six mois. Il se répand un peu, et je a crois que vous en serez surprise. »

Le 21 août, quatorze jours après ce qu'on vient de lire, madame de Sévigné écrit à sa fiJle : « Les amies de la voyageuse (mesdames a de la Fayette , de Coulanges , d'Heudia court, etc.), s'apercevant que le dessous des « cartes {ie trop d'amitié duroipour cette glo- « rieusCy et ta jalousie de madame de Montesa pan) se découvre, affectent fort de rire et de tt tourner cela en plaisanterie. » Il eût été, en effet, de fort mauvais goût que des amies de madame de Maintenon consentissent à regarder les préférences marquées par le roi à la gouvernante comme des avances sérieuses et pressantes : c'était chose fort convenable

d'affecter d'en rire comme d'une plaisanterie sans conséquence.

Madame de Sévigné ajoute : « Elles convien- <c nent qu'il y a quelque chose, mais que tout « est raccommodé [entre le roi et madame de (c Montespan). Je ne réponds ni du présent ni (c de l'avenir, dans un tel pays; mais du passé a je vous en assure. »

Elle revient , ensuite , à la situation de madame de Montespan au milieu de la cour : a La a souveraineté est rétablie (pour elle) comme o depuis Pharamond. Quanto joue en robe de « chambre avec la dame du château (avec la a reine), qui se trouve trop heureuse d'être re- « çue, et qui souvent est chassée par un coup a d'œil qu'on fait à la femme de chambre x> (à la dame d'honneur^ madame de Richelieu).

Malgré cette belle apparence, et la confiance présomptueuse, et l'insolence qu'affectait madame de Montespan, le dégoût du roi était devenu la mesure de ses scrupules de dévotion ; et il s'établit une séparation formelle entre le roi et elle. Lisons madame de Sévigné qui en donne la nouvelle à sa fille, le H septembre 1675. « 11 est certain que Yami [le roi) et « Quanto (Madame de Montespan) sont vérita- « blement séparés ; mais la douleur de la deamoisflle (madame de Montespan) est fré- (c quente et même jusqu'aux larmes, de voir à a quel point l'ami s'en passe bien. Il ne pleua rait que sa liberté, et ce lieu de sûreté con- « tre la dame du château. » ( Il ne pleurait, pendant la séparation, que la liberté qu'il trouvait dans la maison de la maltresse, et un lieu où il pouvait échapper à l'ennui que lui causait la société de la reine.) c< Le reste (IHntimité de sa « maîtresse)^ par quelque raison que ce puisse a être, ne lui tenait plus au cœur. H a retrouvé c( cette société qui lui plaît ( les amis de maa dame de Montespan) . Il est gai, et content de a n'être plus dans le trouble ; et l'on (madame a de Montespan) tremble que cela ne veuille a dire une diminution [d'attachement), et l'on a pleure. Et si le contraire était (si le roi était « triste), on pleurerait et on tremblerait ena core : ainsi le repos est chassé de cette « place. Voilà sur quoi vous pourrez faire vos a réflexions comme sur une vérité. Je crois que « vous m'entendez. »

Pendant cette comédie , madame de Maintenon donnait ses soins au duc du Maine à Ba*

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