CHAPITRE XXXIH
qoe madame de Coulanges^ femme spirituelle, mais légère et vanitense, prenait pom* un refroidissement opéré par une fortune inespérée.
L'année 1675 peut se résumer ainsi : Elle commence par la manifestation de la bienveillance royale, exprimée par le changement du nom de Scarron en celui de madame de Mainr tenon.
La jalousie de madame de Montespan est arrêtée par un mouvement de dévotion qui parait avoir décidé le roi à se séparer d'elle : elle s'éloigne ; le roi rapproche de lui madame de Maintenons qui croit à sa conversion et l'y encourage.
Le roi va à l'armée; madame de Maintenons à Barégess avec le duc du Maine ; madame de Mûoteqpans à sa campagne. L'absence, les lettres, raniment l'amour du roi pour sa maitresse. Il loi prodigue l'argent ; elle rend son habitation digne de le recevoir; les amants sont réconciliés avant de se revoir; ils se croient ranimés par de nouveaux feux. Madame de Montespan reprend son rang , son service , son appartement à la cour. Mais bientôt le roi retombe dans sa firoideur.
C'est durant cette rechute que madame de Maintenon arrive, et ramène sur ses jambes l'enfant chéri qu'elle a emmené impotent. Madame de Montespan s'attriste, s'afflige; madame de Maintenon reçoit avec une inquiétude mélancolique les témoignages de la satisfaction du roi, les amitiés équivoques de madame de Montespan, les empressements de la cour, ceux de ses amis, qui se méprennent à l'embarras que sa situation mêle à l'accueil qu'elle leur fait.
J'ai composé un long chapitre pour dire ce que je viens de résumer en dix lignes ; mais ce chapitre est un assemblage de fragments tirés des écrits de mesdames de Sévigné et de Maintenons et je n'ai pu résister au plaisir de les transcrire.
L'année suivante n'amènera pas encore le dénoûment de ce drame, mais y jettera des incidents propres à en ranimer l'intérêt.