‹ Œuvres du comte P. L. Rœderer (volume 4)Chapitre 34 sur 359 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

doyante, suirant laquelle la roture montait d'un côté dana la noblesse^ et par où la noblesse trempait de l'autre dans les bas-fonds de la roture. D'ailleurs^ les hommes distingués du tiers état^ acquérant dans le monde la considération de la noblesse sans se soucii&r d'y monter, et tous les hommes communs de la noblesse se trouvant au niveau de la petite roture sans avoir voulu y descendre, il était clair que l'opinion avait repris son légitime empire, et se jouait d'une institution qui était en opposition avec elle.

Mais lorsqu'à la fin du dix-huitième siècle, cette noblesse, désavouée par l'opinion, s*enhardit à demander le plus offensant des privilèges, celui des places militaires, des hautes magistratures et des grands bénéfices ecclésiastiques ; quand, à l'occasion des états généraux, on la vit s'attribuer, dans l'exercice du pouvoir politique, une part qui réduisait à rien celle du commun état , alors il fallut rendre au néant les douze mille écuyers, les chevaliers, les comtes, les vicomtes et les marquis : et c'est ce que fit la révolution de 1789, qui débarrassa la France de la fatuité de la noblesse royale, coname celle du quinzième siècle l'avait délivrée de J!oppression de la noblesse féodale.

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