FRAGMENTS
frin, née dix-huit ans plus tard, en 1699. Sa maison réunit philosophes, gens de lettres, artistes, gens du inonde, gens de la cour illustres et étrangers. O; fut un autre hôtel de Rambouillet. Rutlidge fit contre elle une comédie intitulée le Bureau d'esprit,
La maison de madame du Deffond, née en 1697, a succédé à celle de madame Geoffrin. Elle est comptée entre les bons épistolaires.
Madame Necker est venue ensuite.
Après elle, madame de Staël, sa fille.
Madame Suard.
Madame de Broglie.
Madame Guizot, etc., etc.
Je crois me sentir obligé en conscience de reconnaître comme vérité historique, comme titre de la famille de Rambouillet à la reconnaissance des Français appréciateurs des délicatesses de Tàme, des mœurs et du langage, que c'est de la maison de Rambouillet qu'elles se sont répandues en France. Je suis dans la conviction que Catherine deVivonne, marquise de Rambouillet, et Julie d'Angennes, sa fille, sont les auteurs de la révolution qui s'est opérée dans le dixseptième siècle. . .
ç . . Corneille, dans son jugement de la comédie de Mélite, nous apprend qu'il eut en vue, en composant cette pièce, de faire connaître la conversation des honnêtes gens du temps ; et que par ce seul moyen
il réussit à exciter un intérêt général, et obtint un succès inoui, malgré les défauts de l'intrigue.
Il est donc vrai que la conversation était alors une des grandes occupations sociales -, c'était une affaire, c'était un exercice dont le talent était fort prisé, et où les succès étaient un moyen de renommée.
Cette vérité nous confirme dans l'opinion que la conversation changea la langue, Tépura, l'embellit, l'enrichit, et que nos grands écrivains n'eurent guère que la gloire de la fixer.
On voit dans la préface des Œuvres de Voiture par Pinchesne, son neveu, qu'il ne prévoyait pas qu'il dût être jamais imprimé. Sévigné de même. . .
Les Anglais discourent beaucoup, mais entre
eux; les Allemands dissertent, mais entre eux aussi; les Français seuls conversent, parce qu'ils admettent les femmes à tous leurs entretiens. Ne craignons pas d'avouer une infirmité de notre espèce. Il faut toujours que la partie grossière de notre nature soit de quelque part dans les jouissances de l'esprit et de l'Ame : les Anglais en discourant boivent; les Allemands en dissertant fument. Notre tribut à l'empire des sens est d'avoir des femmes entre nos interlocuteurs, ou de les avoir pour témoins. C'est ce qui fait que les Français sont clairs et polis, et que nulle apparence de pédanterie, de doctrine, de morgue sauvage, ni de rudesse, n'offusquent leur langage ni leurs écrits. . .